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ANDRIEUX, Albert, Gédéon

Né le 1er janvier 1884 à Amiens — tué sur le front le 9 octobre 1915 — Camelot, marchand des quatre saisons ; journaliste — FCAR — Amiens (Somme)
Article mis en ligne le 7 avril 2007
dernière modification le 16 juillet 2024

par R.D.

Fils de Stanislas un employé de commerce et d’Emilienne Leblond, Albert Andrieux fut de mai 1908 à octobre 1910 gérant de Germinal (Amiens, 391 numéros du 19 novembre 1904 au 27 juillet 1914) sous-titré Journal du peuple. Il exerça à nouveau cette fonction en février 1912 en remplacement de Louise Joly. Il joua un rôle actif au journal, publiant de nombreux articles de fond dans lesquels il exposait ou défendait les idées anarchistes. Ses activités journalistiques lui valurent d’être plusieurs fois poursuivi. Fin octobre 1908, suite à un article dénonçant "un galonné", il fut condamné par défait à 8 jour d prison et 100 francs d’amende. Il était également l’orateur des conférences-concert organisées par Germinal.
Le 29 mars 1909 il avait été, avec le compagnon Paul Jupin, l’objet d’une perquisition au cours de laquelle la police avait saisi 150 exemlaires de La Voix du peuple et 20 exemplaires du Manuel du soldat devant être distribués aux conscrits lors du conseil de révision à l’Hôtel de Ville. Il avait été arrêté le 27 mars avec les compagnons Jules Lemaire, Lucien Graux, Adolphe Fortel et Adolphe Martin alors qu’ils distribuaient ces écrits aux conscrits et avaient été l’objet de procès-verbaux.
Le 12 décembre 1909 il était allé, avec notamment Lemaire, troubler une réunion du Sillon Amiénois à la fin de laquelle, tandis que les allemanistes chantaient La Marseillaise, les anarchistes avaient chanté L’Internationale et La Carmagnole.

Le 17 janvier 1910 il avait été condamné par défaut à 16 francs d’amende pour la publication d’une loterie sans autorisation.

Andrieux milita également en participant à des conférences, à des manifestations : conférence sur les évènements de Draveil le 13 juin 1908 à la Bourse du Travail d’Amiens, meeting et défilé du 1er mai 1909 à Escarbotin (Somme), manifestation contre la vie chère, en octobre 1911, conférence contre la guerre, à Ailly-sur-Somme, en avril 1912, au cours de laquelle il exalta le drapeau rouge et conclut que tous les moyens étaient bons pour éviter la guerre.

Aux élections législatives de 1910, Andrieux fut candidat abstentionniste de la 2e circonscription d’Amiens ; il recueillit 32 voix. Cette même année, en juillet, il fut délégué du groupe d’Amiens " l’Union révolutionnaire ", au premier congrès départemental des révolutionnaires de la Somme.
Le 26 juin 1910, il fut délégué du groupe anarchiste d’Amiens au congrès fondateur de la Fédération révolutionnaire de la Somme

Arrêté préventivement en novembre 1910, pour un article sur la grève des cheminots paru dans Germinal , il fut accusé avec G. Bastien de “provocation au meurtre, incendie et provocations de militaires à la désobéissance, dans un but de propagande anarchiste”. Relâché peu après, il bénéficia d’un non-lieu.

En octobre 1911 il avait participé aux manifestations contre la vie chère.

Le 8 juin 1911, lors d’un meeting du Comuté révolutionnaire de la Somme auquel avaient participé environ 600 personnes, il avait qualifié « la loi des retraites ouvrières de vol » et s’était prononcé pour une retraite à 55 ans.

Il collaborait également à plusieurs titres de la presse libertaire et syndicaliste révolutionnaire dont : Le Combat Social (Limoges, 35 numéros du 1er décembre 1907 au 21 mars 1909) sous-titré Organe révolutionnaire des syndicalistes, socialistes antiparlementaires et libertaires et dont le gérant était Jean Peyroux, Le Combat (Tourcoing, Lile, Roubaix, au moins 4 séries entre le 15 octobre 1905 et le 18 juillet 1914), L’avant-Garde (Lens, 44(?) numéros du 5 octobre 1913 au 2 août 1914), hebdomadaire syndicaliste révolutionnaire du Pas-de-Calais dont le gérant était François Henry et le rédacteur Benoit Brouchoux, et Le Grand Soir (Arras, au moins 170 numéros du 20 mai 1911 à août 1914) de Gillet qui était en quelque sorte une édition régionale de Germinal.

Andrieux était membre du groupe local de la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR) dont le secrétaire était Cappy.

Fin avril 1912 il fut l’orateur des meetings tenus à Roubaix et à Tourcoing à l’occasion du 1er mai. Il était inscrit au Carnet B et demeurait alors Place du Chateau d’eau.

Le 25 janvier 1913, suite à la perturbation le 23 d’une conférence du socialiste Auguste Parsy, il avait été poursuivi avec Auguste Bocquillon, Charles Cahon, Léon Barbet et Oscar Cloquie pour "coups et blessures, outrages et détérioration de mobilier". Seul oscar Cloquié avait été écroué.
Au printemps et à l’été 1913 il organisa dans la région plusieurs réunions et conférences contre la loi de trois ans.
Le 2 août, suite à une perquisition à son domicile et dans les bureaux de Germinal, dans laquelle la police avait saisi un ballot des numéros de Germinal daté du 29 mai et contenant l’article Bravo les soldats !, faisant l’apologie des mutineries de Toul et Rodez, Andrieux avait été inculpé de "provocation de militaires à la désobéissance" ce qui lui valut d’être condamné le 9 avril 1914 à 200 francs d’amende.

Du 15 au 17 août 1913, il fut délégué au congrès anarchiste national, à Paris

Le 19 juillet 1914, suite à la publication dans Germinal de l’article M. Brownong a parlé !, faisant l’apologie de l’assassinat de l’archiduc Ferdnand d’Autriche, il fut arrêté et inculpé de « provocation au meurtre par voie de la presse », avec Georges Gillet le gérant du Grand Soir (Arras) qui avat reproduit l’article.
En août 1914, en tant que rédacteur-gérant de Germinal, Albert Andrieux fut arrêté par la police. il fut déféré en septembre devant le conseil de guerre de la 1re Région militaire à Limoges après dessaisissement de l’autorité civile.
Incorporé au 8e Bataillon de chasseurs à pieds, il fut envoyé sur le front de la Marne où il fut tué le 9 octobre 1915.

Albert Andrieux fut rayé du Carnet B le 1er décembre 1922.


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