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Dictionnaire international des militants anarchistes
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KLEMENCIC, Andrew
Né vers 1868 à Laibach (Autriche) - Tailleur - Autriche – Italie - Suisse - France – USA
Article mis en ligne le 7 mars 2019
Dernière modification le 8 mars 2019

par Michel Cordillot, R.D.

Militant anarchiste internationaliste et anti-impérialiste, Andrew Klémencic , d’origine slovène, était né à la fin des années 1860 à Laibach (Autriche), ville située à 80 km de Trieste. Sa mère était une catholique dévote et son père un bourgeois alcoolique, qui fit des dettes de boisson. Un marchand de vin malhonnête réussit à faire vendre tous les biens de la famille qui se retrouva sans moyens d’existence. Alors âgé de douze ans, le jeune A. Klemencic, profondément révolté, fit à pied les 400 km qui le séparaient de Vienne pour aller porter plainte contre le spoliateur, mais en vain. C’est à cette époque qu’il lut pour la première fois Bakounine, ainsi que la Freiheit de Johann Most. À l’âge de 15 ans et demi, il partit pour l’Italie. Il y rencontra des militants anarchistes qui lui firent lire de nombreux ouvrages et brochures. Puis il entama un long périple qui l’amena à visiter un grand nombre de pays européens.
En 1887, il se trouvait à Londres, où il exerçait le métier de tailleur. Puis il rentra à Vienne pour y faire son service militaire. Nommé caporal, il refusa de donner des ordres. Démobilisé selon ses dires début 1889 (plus probablement 1890) après deux années passées sous les drapeaux, il participa à la première manifestation du 1er Mai à Trieste avec la Confederazione operaia. En juin, il prit pour la première fois la parole en public à Servolla, près de Trieste, à l’occasion d’une grève des ouvriers gaziers. Peu après il lut pour la première fois un journal anarchiste, le Commonweal de Londres (qui parut de 1889 à 1894), et fut l’un des fondateurs en septembre 1890 du deuxième journal révolutionnaire en langue slovène, le Delavski List.

Pourchassé par la police, accusé de haute trahison, Klemencic réussit à fuir. Traversant la Croatie, la Dalmatie, l’Istrie et l’Italie, il parvint à gagner la Suisse. Il arriva à la Chaux-de-Fonds le 6 avril 1891, adhéra aussitôt au syndicat des tailleurs, et fut élu délégué pour l’organisation de la manifestation du Premier Mai 1891 où il prit la parole. Il repassa en Italie où il fut mis à l’index après un meeting public ; puis, de retour en Suisse, il fut expulsé de Saint-Imier. De là il gagna la France, où il prit la parole à Amiens lors un meeting animé par Sébastien Faure, ce qui lui valut un arrêté d’expulsion sous huit jours. Il ne lui restait guère d’autres choix que de gagner l’Amérique, ce qu’il fit en décembre 1891.

Venant de Chicago était arrivé à Tacoma en juillet 1893 et y participait aux luttes des ouvriers sans travail.
Vers le printemps 1894, avec Davis, Clark, Funck et Rothsheck il participait au soutien au journal Firebrand. Puis il s’installa à la colonie de Glenis (Washington) où il mena des débats contre l’autoritarisme et les socialistes.
En octobre 1894 il fut l’un des organisateurs d’une manifestation contre le procès de Montjuich en Espagne au cours de laquelle il brûla un drapeau espagnol.
Fin 1895, après la scission dans la colonie de Glenis entre socialistes et anarchistes, il fit partie du groupe qui avec Oliver Verity, G. Allen et Frank Adelle qui achetèrent quelques hectares sur la côte de Puget Sound (Washington) et fondèrent la nouvelle colonie anarchiste de Home. Il participa à la publication du journal « Discontent (1898) dont le responsable était Ch. Govan.

En juin 1898, A. Klemencic se trouvait à Honolulu (Hawaï). Abonné à La Tribune libre de Louis Goaziou, il s’éleva deux mois plus tard dans une correspondance contre le mouvement qui prônait l’annexion de l’île aux États-Unis, déclarant « Je suis prêt à prendre une part active pour l’indépendance de l’île.  » A cette époque il correspondait également avec Les Temps Nouveaux de Grave et Le Père Peinard de Pouget. Un an plus tard, il était toujours à Honolulu.

De retour aux Etats Unis il fut arrêté à plusieurs reprises en 1901 et condamné à des amendes pour avoir exposé dans les rues ses conceptions anarchistes communistes et avoir distribué gratuitement brochures et journaux anarchistes. Il avait pour habitude de se mêler aux assemblées tenues dans la rue par l’Armée du salut, puis, monté sur une boite, de dénoncer Dieu, l’Etat, l’armée, la religion et la politique.

En 1903 il était toujours semble— il dans la colonie Home (Washington) qui publiait alors le journal Demonstrator , comptait 150 colons dans une quarantaine de maisons et dont il était l’un des responsables (La colonie Home)

Le 27 juin 1905 il participa à Chicago au congrès de fondation des IWW qui avait réuni « 227 délégués, dont une douzaine d’anarchistes s’avouant comme tels  ». Le congrès , auquel E. Pouget au nom de la CGT avait envoyé un message de salutation, avait adopté, une déclaration de principe en faveur de l’action directe et reconnaissant le 1er mai comme un jour de solidarité internationale. Il résidait alors à Pueblo (Colorado) et restait favorable aux thèses anarchistes. Il collaborait également à un nouveau journal intitulé Liberator.

En 1906 il était toujours en contact avec la rédaction de la feuille anarchiste parisienne Les Temps nouveaux, à laquelle il envoya un article qui annonçait que le gouverneur de l’État, Frank Steunenberg, qui avait inventé les camps de concentration pour mineurs grévistes, venait d’être victime d’un attentat à la dynamite.