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Dictionnaire international des militants anarchistes
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ESTEVE, Paul, Louis, Joseph
Né 26 juin 1903 à Montels (Hérault) - mort le 11 octobre 1987 - Ouvrier maçon - UAC - FA - FCL - CGT - CNTF - CGT FO - Paris – Coursan & Narbonne (Aude)
Article mis en ligne le 3 avril 2007
Dernière modification le 17 juillet 2014

par R.D.

Fils d’un berger, Louis Estève avait dû quitter quitter l’école pour aider sa famille et avait commencé à travailler comme ouvrier agricole. En 1919, à peine âgé de 16 ans il adhéra au premier parti communiste (Pericat) qui venait de se former et qu’il quitta rapidement.

Monté au début des années 1920 à Paris où il demeurait chez Pierre Albert, secrétaire du syndicat CGTU du bâtiment, il commença à travailler comme plâtrier et milita à l’Union anarchiste (UA) où il se lia notamment aux compagnons russes (Makhno) et appuyait la tendance plateformiste (Archinov). Il était également membre de la commission administrative de l’UA poste qu’il occupa jusqu’au printemps 1930.

En 1931 il s’établit à Coursan (Aude) où habitaient ses parents et où il allait travailler comme maçon. Il devint vite l’âme du groupe anarchiste local, composé surtout d’ouvriers agricoles français et espagnols, qui s’était formé vers 1925. Il était ensuite chargé du secrétariat de la Fédération anarchiste du Languedoc, constituée en novembre 1926 au congrès de Toulouse, avec le concours de l’un des principaux militants de Narbonne, André Daunis. Il démissionnait du secrétariat après le congrès de Paris en avril 1930, qui marquait la victoire des "synthésistes" sur les "plateformistes" dont Estève faisait partie. En 1931 il était l’administrateur depuis Coursan du Bulletin De La Minorite de l’UAC dirigée par Lucile Pelletier. Il était en 1934 le secrétaire du groupe UAC de Coursan.

En juillet 1935 il avait été l’un des signataires du manifeste appelant à une conférence nationale contre la guerre et l’union sacrée publié dans Le Libertaire (12 juillet 1935) et dont le comité d’organisation comprenait entre autres R. Louzon, P. Monatte, Fremont, Grandjouan, Marceau Pivert, M. Chambelland, H. Poulaille et R. Lefeuvre. Lors des grèves de 1936 il était membre du bâtiment confédéré de Narbonne.

Pendant la guerre et la révolution espagnole, il fut l’un des animateurs du Comité narbonnais d’aide et participa notamment outre l’aide humanitaire au passage d’armes.

Pendant la guerre et avec Daunis, il fut interné du 20 septembre au 15 octobre 1941 au camp de St Sulpice la Pointe (Tarn), par le gouvernement de Vichy, après avoir été interné lors de la déclaration de guerre à Fontevrault (Maine et Loire). En contact avec la Résistance locale, il cacha à son domicile plusieurs militants espagnols.

A la Libération il habitait Villa Florida blanca, route de Carcassonne, à Narbonne, était membre de la CNTF et était le secrétaire de la 11è région de la Fédération anarchiste. Il était membre dès sa création de l’OPB de Georges Fontenis et secrétaire du groupe de Narbonne. Dans les années 1950 il collaborait, entre autres à la rubrique Combat Paysan, au Libertaire et sera membre de la FCL dont il assumera le secrétariat régional jusqu’en 1957. Il était également à cette époque militant à la CGT-FO. Après la dissolution de la FCL, il adhérera au Parti Socialiste Unifié (PSU) dont il avait été l’un des fondateurs dans la région, puis au milieu des années 1970 au Parti socialiste.

Louis Esteve est mort à Narbonne le 11 octobre 1987.

Il y a sans doute identité avec Louis Estève qui en 1947 formait un groupe à Béziers (Hérault).


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