Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

ESTEVE, Paul, Louis, Joseph

Né 26 juin 1903 à Montels (Hérault) — mort le 11 octobre 1987 — Ouvrier maçon ; cultivateur — UA — UAC — UACR — FA — FCL — CGT — CNTF — CGT FO — Paris — Coursan & Narbonne (Aude)
Article mis en ligne le 3 avril 2007
dernière modification le 23 juillet 2024

par R.D.
Louis Esteve (1936)

Fils d’un berger, Louis Estève avait dû quitter quitter l’école pour aider sa famille et avait commencé à travailler comme ouvrier agricole. En 1919, à peine âgé de 16 ans il adhéra au premier parti communiste (Pericat) qui venait de se former et qu’il quitta rapidement.

Monté au début des années 1920 à Paris où il demeurait chez Pierre Albert, secrétaire du syndicat CGTU du bâtiment, il commença à travailler comme plâtrier et milita à l’Union anarchiste (UA) où il se lia notamment aux compagnons russes (Makhno) et appuyait la tendance plateformiste (Archinov).
En 1923 il était cultivateur à Narbonne où le 1er mars il avait été avec Daunis l’assesseur du meeting tenu par l’UA à la salle du Synode pour protester contres les emprisonements de Cotin Jeanne Morand, Gaston Rolland et Marty, meeting présidé par le compagnon Gay.

A l’automne 1927 il était le trésorier de la Fédération anarchiste communiste du Midi (UAC) aux cotés de Genest (secrétaire). Il était également membre de la commission administrative de l’UA poste qu’il occupa jusqu’au printemps 1930.

En 1931 il s’établit à Coursan (Aude) où habitaient ses parents et où il allait travailler comme maçon. Il devint vite l’âme du groupe anarchiste local, composé surtout d’ouvriers agricoles français et espagnols, qui s’était formé vers 1925. Il était ensuite chargé du secrétariat de la Fédération anarchiste du Languedoc, constituée en novembre 1926 au congrès de Toulouse, avec le concours de l’un des principaux militants de Narbonne, André Daunis.

Suite au congrès régional tenu à Coursan le 28 octobre 1928 auquel avaient participé les groupes de Montpellier, Agde, Pézenas, Béziers, Coursan, Narbonne et Lézignan et où avait été fondée la Fédération Communiste Libertaire du Languedoc, il en avait été nomé secrétaire aux cotés de A. Daunis (secrétaire à la propagande), Vaquié (trésorier), Pau, Ghislain et Puech (commission journal).

Il démissionnait du secrétariat après le congrès de l’UACR à Paris les 19-21 avril 1930 où il avait été délégué, qui marquait la victoire des “synthésistes” sur les “plateformistes” dont Estève faisait partie. En 1931 il était l’administrateur depuis Coursan du Bulletin De La Minorite de l’UAC dirigée par Lucile Pelletier et fut le délégué des groupes de Coursan et Narbonne au congrès de l’UACR tenuà Toulouse les 17 et 18 octobre 1931… Il était en 1934 le secrétaire du groupe UAC de Coursan.

En juillet 1935 il avait été l’un des signataires du manifeste appelant à une conférence nationale contre la guerre et l’union sacrée publié dans Le Libertaire (12 juillet 1935) et dont le comité d’organisation comprenait entre autres R. Louzon, P. Monatte, Fremont, Grandjouan, Marceau Pivert, M. Chambelland, H. Poulaille et R. Lefeuvre. Lors des grèves de 1936 il était membre du bâtiment confédéré de Narbonne.

Pendant la guerre et la révolution espagnole, il fut l’un des animateurs du Comité narbonnais d’aide et participa notamment outre l’aide humanitaire au passage d’armes.

Pendant la guerre et avec Daunis, il fut interné du 20 septembre au 15 octobre 1941 au camp de St Sulpice la Pointe (Tarn), par le gouvernement de Vichy, après avoir été interné lors de la déclaration de guerre à Fontevrault (Maine-et-Loire). En contact avec la Résistance locale, il cacha à son domicile plusieurs militants espagnols.

A la Libération il habitait Villa Florida blanca, route de Carcassonne, à Narbonne, était membre de la CNTF et était le secrétaire de la 11e région de la Fédération anarchiste. Il était membre dès sa création de l’OPB de Georges Fontenis et secrétaire du groupe de Narbonne. Dans les années 1950 il collaborait, entre autres à la rubrique Combat Paysan, au Libertaire et sera membre de la FCL dont il assumera le secrétariat régional jusqu’en 1957. Il était également à cette époque militant à la CGT-FO. Après la dissolution de la FCL, il adhérera au Parti Socialiste Unifié (PSU) dont il avait été l’un des fondateurs dans la région, puis au milieu des années 1970 au Parti socialiste.

Louis Esteve est mort à Narbonne le 11 octobre 1987.

Il y a sans doute identité avec Louis Estève qui en 1947 formait un groupe à Béziers (Hérault).