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Dictionnaire international des militants anarchistes
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DECKER, Joseph
Né le 31 décembre 1847 à Krautertergersheim (Bas Rhin) - Tailleur d’habits – Paris
Article mis en ligne le 23 juillet 2018
Dernière modification le 19 septembre 2020

par R.D.
Joseph Decker

Joseph Decker avait opté en 1872 pour la nationalité française. Entre 1865 et 1867, il avait été condamné à trois reprises à Belfort et Colmar à des pennes de 1 à 3 mois de prison pour « vol » et « escroquerie ", puis en janvier 1869 il avait été condamné à Paris à 6 mois pour « vol ».

Après avoir fréquenté quelques réunions socialistes, il avait opté en 1884 pour l’anarchisme. Il fut membre des groupes La Panthère des Batignolles, La Sentinelle de Montmartre, Les Déshérités de Clichy, de la Ligue antipatriote et de la Chambre syndicale des hommes de peine. Il avait semble-t-il un frère qui était également signalé dans les réunions.

En juin 1887, avec Couchot et Moreau notamment, il tentait de monter un comité de secours aux victimes de l’Opéra comique, mais en fait pour se procurer semble-t-il des fonds. Il demeurait rue Bachelet et fréquentait quotidiennement l’établissement de Duprat.

S’agit il du Decker qui à l’automne 1889 demeurait 6 passage Lathuile à Paris et était chargé de recueillir des fonds pour permettre à la compagne de Clément Duval, Louise, qui résidait alors 63 rue Ramey. de le rejoindre en Guyane où il était au bagne. Dans une lettre publiée dans La Révolte (18 janvier 1890), Louise Duval écrivait qu’une nouvelle fois elle était forcée de retarder son départ «  la somme n’étant pas suffisante pour pouvoir partir, même en se contentant du strict nécessaire  » et lançait un appel à une nouvelle souscription. En mars la souscription s’élevait à 341,50 francs.

Cete même année 1889 il était le trésorier de la chambre syndicale des tailleurs.Il était signalé dans les réunions du groupe La Sentinelle révolutionnaire puis Les anarchistes de Montmartre.

Le 1er mai 1891 il avait été arrêté porteur d’un manifeste anarchiste et d’un revolver et avait été condamné à 15 jours de prison pour « port d’arme prohibée ». Une souscription avait été ouverte par les compagnons à son profit.

Il s’agit vraisemblablement du Decker qui à l’été 1893 préconisait la formation de groupes de tailleurs anarchistes dans chaque quartier et s’opposait à la chambre syndicale qui voulait adhérer à la loi sur les syndicats.

Le 6 mars 1894 il avait été arrêté avec 16 autres personnes chez Duprat lors des rafles anti anarchistes. Lors de la perquisition la police avait saisi de nombreux journaux et brochures, la chanson Germinal (voir portfolio), divers talons de versements faits à Jean Grave, le livre de comptabilité de la Chambre syndicale des tailleurs et une gravure sur Les martyrs de Chicago .Il avait reconnu, lors de son interrogatoire, être anarchiste « si par là, on entend quelqu’un qui désire voir arriver une ère d’égalité et de bonheur pour tout le monde » et avait ajouté ne « pas avoir confiance dans le suffrage universel  ». . Il condamnait la propagande par le fait et admettait connaître Duprat depuis 1885 mais ne lui «  avoir jamais vu faire de la propagande anarchiste ». Il affirma ne plus avoir participé à des réunions depuis 1891. La police notait qu’il « n’avait jamais fait appel à la violence dans les réunions ». Poursuivi pour « association de malfaiteurs » il fut interné à Mazas et remis en liberté provisoire le 7 mai 1894.

Le 1er juillet 1894 il fut de nouveau arrêté chez sa compagne concierge au 22 rue Lambert et avait été poursuivi avec d’autres compagnons dont Jean Baptiste Brosselin et Ernest Augendre. Il fut une nouvelle fois interné à Mazas avant d’être remis en liberté provisoire le 10 juillet suivant et de bénéficier d’un non lieu le 6 juin 1895.

Decker figurait sur les états d’anarchistes 1900-1912 de la préfecture de police. Il demeurait 17 rue Baudelique (?).

Joseph Decker avait un frère ; il pourrait s’agir de Jacques Decker né vers 1851 à Grodeskersheil (Bas Rhin) également tailleur d’habits et inscrit au fichier Bertillon et signalé avec son frère dans les réunions en 1887 et 1888.


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