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Dictionnaire international des militants anarchistes
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COLOMBO, Eduardo, Raul "NICOLAS" ; SYRS "
Né le 1er septmbre 1929 à Quilmes – mort le 13 mars 2018 - Médecin psychanalyste - FORA – CNTF – Buenos Aires – Paris
Article mis en ligne le 7 juin 2018
dernière modification le 8 juin 2018

par Hugues Lenoir, R.D.
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Eduardo Colombo

C’est dès ses études qu’Eduardo Colombo en 1945 avait activement participé à Quilmes à un collectif de lycéens et étudiants antipéronistes – Le Centre d’étudiants démocratiques de Quilmes – où dans le bulletin 4 de Octubre, il écrivit son premier article et où il entra en contact avec l’anarchisme et notamment avec le compagnon de la FORA, Humberto Correale avec lequel il restera ami jusqu’au décès de ce dernier en 1992 à l’âge de 94 ans..

En 1947 il adhérait à la Fédération Ouvrière Régionale Argentine (FORA) qui était alors semi-clandestine et ce qui lui valut d’être arrêté en 1949 alors qu’au local de la Société de résistance des charretiers, avec plusieurs autres compagnons, il préparait la publication d’un nouveau numéro du bulletin clandestin Paz (4 ou 5 numéros) sous-titré « organe anticlérical et antimilitariste de la FORA du Vème congrès ». Tous furent finalement libérés après quelques jours de prison. Parallèlement il avait participé à la fondation à Quilmes du syndicat de métiers divers (FORA) et de l’Agrupacion anarchiste.
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En 1952 il fut intégré au conseil fédéral de la FORA et à la junte de la Fédération universitaire argentine (FUA). Cette même année 1952 il participa très activement au soutien à la grève du port de Buenos Aires déclenchée en août pour protester contre la soustraction obligatoire du salaire d’une journée de travail pour ériger un monument à Eva Peron et où notamment six militants de la FORA furent emprisonnés et torturés ainsi que des membres du Conseil fédéral. Lors de ce conflit, il publia avec d’autres compagnons la feuille clandestine Agitacion.

Sa participation à la grève universitaire de 1954 lui valut d’être arrêté, emprisonné (en 1955) et exclu de l’université.

En 1956 il participait également au soutien à la longue grève (13 mois) des ouvriers de la construction navale et à une grève des ouvriers du textile qui lui valut une perquisition où la police trouva semble-t-il une arme à son domicile.

En 1958 il fut nommé éditeur responsable de La Protesta, poste qu’il allait occuper jusqu’en 1969, avant son départ en exil et dans les rares périodes où le journal n’était pas interdit et clandestin.

Parallèlement Eduardo Colombo avait terminé des études de médecine et exerçait depuis 1957 comme médecin libéral et hospitalier à Buenos Aires. Il fut ensuite à partir de 1961 professeur de psychologie sociale à l’université de La Plata et de Buenos Aires, poste dont il démissionnera en 1966 à la suite du coup d’état militaire.
C’est à cette époque qu’il rencontra sa compagne la psychologue Heloisa Castellanos En 1962-1963, il fut aussi le secrétaire de rédaction de la revue Acta psiquiatrica y psicologica de America latina. Il fut également membre fondateur de l’Association argentine de psychiatrie sociale et par la suite directeur de la revue Psiquiatria social (1968-1970).

Il donnait également de nombreuses conférences notamment à la Biblioteca popular José Ingenieros de Buenos Aires et dans les groupes de l’intérieur du pays.

En 1957 il fut avec Gregorio Naso, le représentant de La Protesta au premier congrès de a Fédération anarchiste uruguayenne (FAU) à Montevideo et fut également, avec Luis Danussi, délégué à la conférence régionale anarchiste tenue à Santiago du Chili en 1960.

Au début des années 1960 il participait à la fondation des éditions Proyeccion réunissant diverses composantes du mouvement libertaire : le groupe Tupac, les journaux La Obra et La Protesta, la Biblioteca José Ingenieros, , la Fédération libertaire argentine (FLA), la Fédération anarchiste uruguayenne dont le délégué était Gérardo Gatti, et la coopérative d’exportation de laine de moutons La Lanera fondée par des compagnons et dont une partie des bénéfices servait à financer le mouvement.

Dans ces années 1960, où il était l’éditeur responsable , La Protesta tirait de 1000 à 2000 exemplaires et sa rédaction comprenait notamment le menuisier V. Francomano, le réparateur d’ascenseurs E. Delmastro, l’ingénieur O. Milstein, le sociologue J. Solomonoff, le pédagogue G. Slavoff, le linotypiste A. Seoane, le cordonnier G. Naso, le médecin J. Peries, le métallurgiste A. Lopez et le comptable N. Bursuk.

Le coup d’état de 1966 l’exclut de nouveau de l’université, lui interdisant d’enseigner, et d’exercer à l’hôpital.

En 1968, il participait avec les compagnons de la Comunidad del Sur de Montevideo à la fondation des éditions Accion Directa.

En 1970, notamment pour échapper à la répression, il quittait l’Argentine avec sa compagne Heloisa Castelanos et leurs deux enfants et s’installait à Paris où il adhéra au groupe publiant Information correspondance ouvrière (ICO) et entra en contact avec la Fédération anarchiste, les compagnons espagnols de la CNT en exil et avec l’ORA avec laquelle il allait notamment participé au comité de soutien à Sergio Ardau, celui de José Ferrandiz et à celui des prisonniers du MIL et de Salvador Puig Antich condamné à mort en Espagne. Lors de l’enlèvement du banquier Suarez par les GARI, son appartement fut « visité » en son absence par la police et il fut convoqué sur commission rogatoire pour interrogatoire au quai des Orfèvres. Après l’exécution de Puig Antich le 2 mars 1974, Eduarod Colmbo, avec d’autres compagnons, avait participé à diverses actions contre des bâtiments officiels espagnols à Paris.

En août 1971 il avait participé à Paris au congrès international de fédérations anarchistes (CIFA) comme délégué indirect de l’Uruguay, pus en octobre, comme délégué de la FORA au 14ème congrès de l’AIT tenu à Montpellier.Mais à ce dernier congrès, son mandat n’avait pas été validé, Eduardo représentant l’un des conseils fédéraux de la FORA non reconnu par l’AIT.

Collaborateur de la revue Revista A (Milan) au début des années 1970, il participa à la fondation de la revue de réflexion La Lanterne Noire (Paris, 1974-1978) avec notamment J.P. Duteuil, P. Blachier, M. Rouillé et Claude Orsoni . Parallèlement il participait aux éditions La Hormiga avec José Morato, Frank Mintz, et Carlos Semprun et aux réunions du groupe éditeur de la revue Presencia autour notamment d’Octavio Alberola. Toutefois il ne signa aucun article de son véritable nom - il signait alors Nicolas ou Syrs - dans ces revues avant 1981 (date de sa naturalisation française).
Après la disparition de La Lanterne, il participa avec d’anciens membres du groupe à la publication de la revue Les raisons de la colère qui n’eut que deux numéros.

Puis il s’intégra à la rédaction de la revue Volonta (Milan, 1982-1996). Il milita ensuite à la CNTF, et fut membre du comité des Editions CNT-RP puis fut membre à partir de 1997 du comité de rédaction de la revue Réfractions.
Il collabora aussi à diverses revues dont Itinéraire (Chelles) et participa à la plupart des rencontres culturelles internationales organisées par le mouvement libertaire, entre autres le colloque Bakounine en 1976 à Venise, , les journées libertaires de Barcelone en 1977, le colloque sur les nouveaux patrons à Venise en 1978, le colloque sur l’Autogestion en 1979, la rencontre internationale de Venise en 1984, la semaine culturelle anarchiste organisée en janvier 1983 lors du 6ème congrès de la CNT espagnole, le colloque La Culture libertaire à Grenoble en 1996 et la rencontre de Saint Imier en 2012..

Depuis son arrivée en France Eduardo Colomba travaillait comme psychanalyste « d’orientation résolument freudienne et opposée à Lacan. C’est d’ailleurs du lien qu’il opère entre psychanalyse, anarchisme et révolution qu’il tire une opposition déterminée aux visions « post- » (modernes, anarchistes, structuralistes..) qui postulent un inévitable assujettissement du sujet et donc l’abandon de tout projet révolutionnaire. Il leur oppose une vision de la liberté où l’humain s’empare de la possibilité de changer le monde  ».(cf. communiqué de Paris Luttes)

Eduardo Colombo est décédé le 13 mars 2018 des suites d’une tumeur au cerveau et a été incinéré au Père Lachaise le 19 mars.

La revue Réfractions après avoir rappelé qu’il n’avait pas abandonné « un seul instant son engagement intense pour l’idée et pour la cause de cette révolution sociale pour laquelle il a combattu toute sa vie », sa volonté de lier de façon permanente la pensée et l’action le situant « comme l’un des théoriciens les plus importants de l’anarchisme contemporain  » , insistait sur le fait qu’il «  était un militant anarchiste d’une intégrité et d’une valeur incomparables, en plus d’une personne belle et attachante qui savait allier la lutte et le sens de la fête  ».

Œuvres ; L’imaginaire subversif (avec Amedeo Bertolo, Ed. Noir, 1982) ; - La volonté du peuple (2007) ; - Démocratie et anarchie (Ed. Libertaires2007) ; -L’espace politique de l’anarchie : esquisses pour une philosophie de l’anarchisme (Ed. Atelier de création libertaire, 2008) ; - Une controverse des temps modernes : la post modernité (Acratie, 2014) ; - Contre la représentation politique – tros essais sur la libeté et l’etat (Acratie, 2015) - El imaginario social, Ed. Nordan, Montevideo (Uruguay), 1989 (première édition) trad. en italien : L’immaginario capovolto, Eleuthera, Milan, 1987 ; - Los desconocidos y los olvidados, Ed. Nordan, Montevideo, 1999 ; - Eduardo Colombo, L’anarchisme en personnes, penser l’imaginaire révolutionnaire, entretien avec L. Patry et M. Pucciarelli, Atelier de création libertaire (ACL), Lyon, 2006.

De nombreux articles en espagnol et en français dans des journaux et revues, certains ayant été traduits en italien, portugais (Brésil), grec, anglais.

P.S. :

Sources : Notice de Hugues Lenoir in Maitron en ligne // necro de Tomas Ibanez https://refractions.plusloin.org/spip.php?article1158 / Réfractions, n°40, printemps 2018 //


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