ETIEVANT, Henri, Achille « Le BOSCO »

Né le 14 juin 1861 à Flamanville (Manche) - Typographe – Paris
mercredi 6 décembre 2017
par  Dominique Petit, R.D.
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Henri Etievant

Henri, Achille Etiévant, frère aîné de Georges, fut compositeur typographe à la maison Dumont à Clichy, puis placier pour ce même établissement.
En 1894, il demeurait 7 rue de Malte (11e arrondissement), dans un chambre au 2e étage, éclairée par une fenêtre sur la cour. Il avait été exempté du service militaire, pour défaut de taille et difformité.
Il habita longtemps avec son père, 11 rue du Bac d’Asnières à Clichy (Seine) et alla le voir régulièrement lorsque celui-ci fut placé par la préfecture de police à l’Asile de Nanterre, à la fin de l’année 1892.

Etiévant fit ses premiers pas en politique en mars 1891. Il fut l’un des organisateurs de la manifestation du 1er mai où il exalta les martyrs de la Commune.
Dans une réunion tenue le 2 juin 1891, par le Cercle révolutionnaire central, il se déclara anarchiste.
Son frère cadet, Georges Etiévant, avait collaboré comme lui au Forçat, journal anarchiste, dont le premier numéro parut le 4 juillet 1891.
Le 6 septembre 1891, il fut surpris, avec son frère, à coller des placards glorifiant Dardare, Descamps et Léveillé qui avaient tiré sur les gendarmes, le 1er mai précédent, à Clichy.

En février 1892, les deux frères cherchèrent à venger les anarchistes de Xérès. Ils annoncèrent qu’ils préparaient, contre l’ambassade d’Espagne, quelque chose de très grave, où ils risquaient leur tête. Ces paroles ne furent pas prises au sérieux par la police. Mais Georges avait déjà reçu de Chalbret, une partie de la dynamite, volée à Soisy-sous-Etiolles et les deux frères cachèrent les cartouches, dans un local loué en commun, 3 impasse Sainte Genviève à Asnières. Là se réunissaient avec eux Leveillé, Marchand, Bordier, Martin père et fils, Bastard, Rousset dit St Martin, Gallau père et fils.

Le 23 février 1892, une descente de police fut opérée au domicile des frères Etiévant, on n’y trouva rien. Il en fut de même le 12 mars suivant, mais cette fois la police eut la preuve que Georges Etiévant était compromis dans le vol de dynamite et il comparut devant les assises de la Seine et Oise. Par contre les charges relevées contre son frère furent jugées insuffisantes et il fut relâché peu après.

Henri Etiévant profita de sa libération pour reprendre la campagne commencée avec son frère. Le 29 mai, dans une réunion anarchiste tenue à Levallois, il fit l’apologie des actes de Ravachol, demandant qu’on suive son exemple.
Il rencontra Emile Henry plusieurs fois chez Constant Martin et chez un autre marchand de vins du faubourg Montmartre.
Etiévant, depuis quelque temps avait cessé de travailler. Il faisait avec Fétis, des quêtes à domicile pour l’organisation des soupes-conférences (voir Chatillon) et ne se cachait pas pour dire que le mieux pour un anarchiste était de vivre de vols, aux dépens des bourgeois.
A l’automne 1892 il demeurait 15 rue de Neuilly à Clichy.

En 1893, il reprit un travail chez M. Parly, imprimeur, 13 rue de Malte où il gagnait 6 francs par jour.
Il faisait venir de Londres des manifestes qu’il placardait ou distribuait.

En juin 1893, il chercha avec Léveillé et Spannagel à organiser un meeting de protestation contre la condamnation de Forest.

Lors de la perquisition qui fut faite chez lui le 1er janvier 1894, on découvrit, deux numéros de la Révolte, une brochure de Jules Guesde intitulée « Loi sur les salaires » et une lettre adressé de Mazas le 1er décembre 1893 par Léauthier à son ami Etiévant. La police saisit également trois lettres d’avocats signées Paul Boutin à Bordeaux et Le Baron, enfin quatre feuillets manuscrits qu’Etiévant reconnu être de sa main.

Le 4 mars 1894, la seconde visite de la police, amena la saisie de lettres émanant de son frère, détenu à Poissy et des brochures, placards et manifestes suivants : « La Voix du bagne », « La société future », « Le congrès de Bruxelles ou les Ôte-toi de là que je m’y mette », « Extraits du procès de la Révolte », « Ce qu’il faut faire », « La société mourante  » par Jean Grave. Il fut incarcéré à Mazas le 5 mars 1894.
Dans une lettre du 28 mars, au juge d’instruction, Etiévant fit part de son inquiétude de voir son logement loué à quelqu’un d’autre, puisqu’il ne payait plus son loyer, depuis son incarcération : « Je suis absolument seul, vous le savez, monsieur le juge, donc personne n’a pu réparer le désordre que l’on a fait chez moi car lorsque l’on perquisitionna, tout fut bouleversé, mes papiers de famille, mes spécimens d’imprimerie nécessaires à mon travail, les feuillets d’un dictionnaire auquel je travaille depuis plusieurs années, mon linge, enfin tout fut éparpillé sur le sol ou sur les meubles qui sont restés ouverts puisque je fus immédiatement arrêté ».

Le 5 juin, le juge d’instruction Meyer le mit en liberté conditionnelle.

Le 30 juin, il se fit embaucher à l’imprimerie Hugonis, 6 rue Martel, comme compositeur typographe.

Dès le 1er juillet, le commissaire de police du quartier de la Roquette perquisitionna à nouveau chez lui, il fut encore incarcéré à Mazas le 5 juillet et mis en liberté conditionnelle le 28 du même mois.
Le 10 juin 1895, le juge d’instruction Meyer avait délivré une ordonnance de non lieu concernant l’inculpation d’association de malfaiteurs.

Henri Etiévant figurait sur la liste des anarchistes résidents dans la Seine en 1895 (par arrondissements), son dossier était enregistré sous le n° 323137.
Sur l’état récapitulatif des anarchistes, au 31 décembre 1896, il habitait 26 rue de Montmartre à Saintt Ouen.
Il figurait toujours sur un état des anarchistes de 1900-1912 de la préfecture de police. Il demeurait alors 39, 41 rue de Clichy.


Sources : Arch.de Paris, D.3 U6 carton 49. — Arch. Préf. Pol. Ba 1500 — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Bianco : 1Un siècle de presse anarchiste = Notice de Dominique Petit in Archives anarchistes Archives anarchistes // Fichier Bertillon // APpo BA 77 //

Iconogr. : Fichier Bertillon (Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs).


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