CARRE , Moïse, Florentin « LAMBERT »

Né le 25 mai 1859 à Peyrins (Drôme) - Ouvrier cordonnier – Grenoble (Isère)
mercredi 24 mai 2017
par  R.D.
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Au début des années 1890, Moïse Carré (parfois orthographié Kar), qui se faisait parfois appeler Lambert et demeurait 4 rue Béccaria, figurait sur la liste des 16 anarchistes « très dangereux » du groupe Les Antipatriotes de Grenoble dont les principaux animateurs étaient Cadeaux et Jourdan. Selon la police il était prêt à faire sauter la maison de son propriétaire plutôt que de payer son loyer. Lors d’une réunion tenue le 18 janvier 1891 devant une douzaine de compagnons dont sa femme également militante, Jean Gauthier Lavigne et Mol Roguier, il avait notamment déclaré que les députés, gouvernants, banquiers, patrons et tous les mouchards sont une bande de voleurs et d’exploiteurs" et avait appelé les militaires à désobéir à leurs chefs et, lors d’une insurrection, que leur devoir était "de tuer leur colonel plutôt que de lui obéir quand il commande de tirer sur le peiple".

Organisateur de réunions, il avait été poursuivi avec les compagnons Jules Mol Roguier, Alphonse Chatel et Jean Gauthier Lavigne et avait été condamné le 20 février 1891 à 1 jour de prison et 5 francs d’amende pour infraction à la loi sur les réunions. Il avait également l’habitude d’héberger les compagnons de passage.

Il demeura 3 rue des Prêtres à Grenoble où en 1893 il était membre du groupe Les Révoltés du Dauphiné dont faisaient également partie Jourdan, Cadeaux et Guinet. En novembre 1893, comme ses camarades, il fut l’objet d’une perquisition qui se révéla infructueuse. Sa compagne, la piqueuse de bottines Rosalie Lambert, était également membre du groupe.

Le 1er janvier 1894, son domicile de la rue Lafayette, avait été l’objet d’une perquisition comme celui des compagnons Charles Guinet, Pierre Gauthier Lavigne, Louis Gay, François Cadeaux et la compagne de ce dernier, Elise James où la police avait saisis divers journaux et brochures anarchistes. La correspondance saisie chez Carré incitait le procureur à les poursuivre pour "association de malfaiteurs" en tentant de prouver qu’ils faisaient partie d’un groupe constitué, ce que les compagnons nièrent.


Sources : Arch. Nat. BB 186449, BB 186452 , F7/12504, F7/12507 // Le Père Peinard, année 1893 //


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