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Dictionnaire international des militants anarchistes
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MONTEIL Jean-Paul [Antoine, Julien]
Né le 6 avril 1900 à Nedde (Haute-Vienne) - mort le 13 janvier 1983 - Auteur de chansons ; électricien ; correcteur – UA - LICP – CGT – Paris - Haute Vienne
Article mis en ligne le 2 novembre 2016

par R.D.
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Antoine Monteil était le fils de Jean Baptiste Monteil, cultivateur et vigneron, et de Marie Catherine Magal.Après des études classiques au lycée de Limoges, Jean-Paul Monteil se spécialisa dans l’électricité et en fit sa profession jusque vers 1950.
Parallèlement, il commença une carrière de chansonnier à Paris ; il participa, avec sa compagne Jeanne, au groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires dit « La Muse rouge ». Il en devint le secrétaire en 1926, après le retrait de Clovys. Il écrivit les paroles de nombreuses chansons sociales, qui furent interprétées dans des goguettes, des galas et des fêtes populaires entre les deux guerres. La plupart parurent dans les périodiques du groupe : la Muse rouge et Nos Chansons, ou furent publiées en petit format, en particulier par les Éditions Greyval où il travaillait sous la direction de Marguerite Greyval. À côté de son répertoire révolutionnaire et pacifiste (citons : Chanson de liberté, Si vous rêvez, Debout camarades !, La Guerre, sur des musiques de Cloërec-Maupas), il écrivit des romances et des chansons destinées à la danse.

En 1931, Paul Monteil et la majorité des chansonniers de « la Muse rouge » refusèrent de se laisser absorber par la Fédération du théâtre ouvrier français, d’obédience communiste, ce qui provoqua une rupture avec le Parti communiste ; celui-ci demanda à ses militants de ne plus fréquenter les goguettes de la Muse, de ne plus acheter ses publications et de ne plus faire appel à elle pour organiser la partie artistique de leurs fêtes (sur cette affaire, voir l’Humanité, 26 mars 1931 et la Muse rouge, 2e série, n° 10). Cette mise à l’index fut une des causes des difficultés financières de la Muse rouge, qui dut bientôt cesser ses publications.

Monteil continua à faire participer les chansonniers de la Muse aux galas d’autres organisations (anarchistes, socialistes, syndicalistes, pacifistes). Ils accompagnèrent aussi Victor Méric dans ses tournées de propagande pour un « pacifisme intégral ». Monteil écrivit en 1933 avec Loréal un hymne pour ce mouvement, Patrie humaine, à la mémoire de V. Méric. Collaborateur du journal la Patrie humaine de 1931 à 1939, il écrivit également dans le Libertaire.

Au printemps 1934, considérant que la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP), dont il était membre dans le XIIIème arrondissement de la Commission exécutive fédérale parisienne, était victime d’une dérive droitière, il en avait démissionné avec plusieurs autres militants – dont Loréal, Bodeau, Nughi, Toutain, Cantarel - et avait participé à la fondation de la Ligue d’action pacifiste et sociale dont il avait été nommé secrétaire, aux cotés de Bodeau (secrétaire adjoint) et Victor Méric (président d’honneur).

Mobilisé en 1939, Monteil fut affecté aux applications militaires à cause de ses connaissances en électronique (gyroscopes, repérage des coupures de câbles...). En juin 1940, il fut « prié » de rester à Paris et fut affecté à l’Association des ouvriers en instruments de précision ; il y fut employé pendant toute l’Occupation et encore quelques années après. Puis il devint correcteur d’imprimerie (labeur et presse) de 1950 à 1965, ce qui lui laissa plus de loisirs pour son activité d’auteur et d’éditeur de chansons. Il prépara et préfaça une nouvelle édition de "La Chanson d’un gars qu’a mal tourné" de Gaston Couté (Seghers, 1951). Il collabora également au Monde libertaire et à Liberté de Louis Lecoin.

Comme parolier, Monteil écrivit à la Libération "La Liberté est revenue", chanson politique restée sans suite, puis il fut l’auteur d’une quantité de chansons de variétés ; il en fournit aussi à des orchestres de bal de son Limousin natal, où il s’était retiré avec sa femme Jeanne Monteil, dite aussi Janyne ou Jane (née Langlade) qu fut également une des vedettes de "la Muse rouge".

Jean Paul Monteil est décédé le 13 janvier 1983 à Chavagnac-Meuzac

P.S. :

Sources : Renseignements fournis par Jeanne Monteil et ses enfants. — R. Brécy, Florilège de la chanson révolutionnaire, Éditions Hier et demain, 1978. — Notes de R. Bianco. = Notice de R. Brécy in Maitron en ligne // La Voix Libertaire, année 1934 //


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