VERGEAT Marcel [VERGEAT Joseph, Victor dit Marcel]

Né le 6 août 1891 à Saint-Étienne (Loire) - disparu en mer Blanche vers le 1er octobre 1920 - Ouvrier tourneur sur cuivre mécanicien – CGT - Paris
mardi 24 mai 2016
par  Guillaume Davranche, Webmestre
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Avec ses parents, Marcel Vergeat vint habiter Boulogne-sur-Seine en 1908. Le 22 mai 1910, il fut arrêté au cours des bagarres qui suivirent l’inauguration du monument élevé à la mémoire des morts de la Commune au cimetière Montparnasse. Inculpé d’outrages et de violences à agents, il fut condamné, le 26 août, par la 11e Chambre correctionnelle, à un mois de prison avec sursis.

Il fréquenta ensuite le Foyer populaire de Belleville (voir Eugène Martin) et, devenu anarchiste, il fut un temps secrétaire de la Jeunesse révolutionnaire de la Seine, un regroupement de « concentration révolutionnaire » — associant socialistes insurrectionnels et anarchistes. Dans Le Libertaire du 8 avril 1911, il taxa de néoblanquisme les Jeunes Gardes nouvellement crées par les hervéistes, et invita les anarchistes à ne pas s’y joindre. IL était également membre de la Jeunesse anarchiste dont le secrétaire était Allain et qui se réunissait Boulevard Magenta.

Parallèlement, il lisait la presse individualiste — L’anarchie publia un courrier de lui, ainsi que La Vie anarchiste. Selon la police i était membre de la fédération révolutionnaire communiste (FRC)

En 1912, de retour du régiment, il travailla de nuit à l’usine automobile De Dion-Bouton et fut inscrit sur les listes d’anarchistes de la préfecture de police de Paris.

Le 1er septembre 1912, il prit une part active au congrès de la Jeunesse syndicaliste des Métaux dont il était le secrétaire et, en 1913, il appartint à la commission du journal Le Cri des Jeunesses syndicalistes. En août 1913, il était rédacteur, dans Le Libertaire, de la chronique « Le pêle-mêle de la semaine », commentant l’actualité hebdomadaire d’un point de vue libertaire.

Réformé n°2 en 1913, il se maria en janvier 1914 et suspendit son activité militante.

À la déclaration de guerre, Vergeat, maintenu réformé , ne fut pas appelé et il s’efforça en juillet 1915 de reconstituer le mouvement des Jeunesses syndicalistes, désorganisé par la mobilisation. Lors d’une fête-concert organisée par les Jeunesses en décembre, il déclara qu’il était toujours antipatriote et antimilitariste. Il demeurait alors 13 rue Custine (XVIIIème arr.).

Le 7 novembre 1915, Marcel Vergeat fut un des 13 cosignataires d’un appel à rassembler « ceux qui sont restés fidèles aux nobles idées de fraternité humaine » et « croient toujours à la nécessité des relations et de l’action internationale des travailleurs » (voir Paul Véber). Cet appel eut quelque écho et, le 21 novembre, fut constitué le Comité d’action internationale (CAI), dont Vergeat intégra le bureau, avec 5 autres militants (voir Paul Véber). Dès janvier 1916, le CAI se joignit à la minorité socialiste zimmerwaldienne pour constituer le Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI).

En novembre 1916, Vergeat fit publier un manifeste de l’Entente des Jeunesses syndicalistes de la Seine se ralliant sans réserve aux résolutions de Zimmerwald et de Kienthal.

Vergeat participa aux réunions des conseils syndicaux minoritaires tenues dès février 1918 à l’initiative du Comité de défense syndicaliste (CDS, voir Aimé Rey). Secrétaire de la section des jeunesses au sein du syndicat des métaux de la Seine, il déploya de 1918 à 1920 une grande activité ainsi qu’au comité pour la IIIe Internationale et au sein de la minorité de la CGT. Il écrivit alors dans le journal anarchiste pacifiste La Plèbe, dans L’Internationale de Péricat et dans La Vie ouvrière refondée par Pierre Monatte. En mars 1919, il répondit à l’enquête de La Mêlée sur l’orientation du mouvement anarchiste.
En juin 1920, il fit une déclaration de gérance pour L’Ouvrier des métaux
.
Fin juin-début juillet 1920, Jules Lepetit et Marcel Vergeat furent chargés de représenter la minorité révolutionnaire de la CGT à Moscou, pour le IIe congrès de l’Internationale communiste, tenu du 23 juillet au 7 août 1920. Ils s’y rendirent en compagnie de Raymond Lefebvre, un jeune intellectuel de la gauche du PS.
Sur le chemin du retour, Vergeat, Lepetit, Lefebvre et leur traducteur Toubine disparurent en mer, vraisemblablement à la date du 1er octobre, au large de Mourmansk. Cette mort suspecte fut un élément clef de la polémique qui opposa les anarchistes aux communistes dans les années 1920 (voir Jules Lepetit).


Sources : Arch. personnelles de Jean Maitron. — Le Libertaire du 8 avril 1911 et du 13 septembre 1913. — L’anarchie du 19 septembre 1912. — La Mêlée du 1er mars 1919 — René Bianco, Un siècle de presse, op. cit.= Notice de J. Maitron et G. Davranche in Maitron en ligne // Arc. Nat. F7/13053 //


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