DUDRAGNE, Jean, Louis

Né le 12 juin 1879 à Vandenesse (Nièvre) - Ouvrier graveur - FRC - CGT – Paris
samedi 21 mai 2016
par  Guillaume Davranche, Webmestre
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En 1910 Jean Dudragne, domicilié 12 Impasse du Moulin Joly (XIème arr.) , était l’un des animateurs du groupe La libre recherche qui tenait ses causeries 69 rue de l’hôtel de ville. Début octobre, suite à une bagarre survenue entre Dudragne et Kilbatchiche Le Rétif qui avait pris la défense du docteur Reichman, le propriétaire du local avait refusé de continuer de louer la salle à Dudragne.

Dudragne était militant de la Fédération révolutionnaire communiste (FRC). En janvier 1911 il fut dénoncé publiquement comme « mouchard » par Georges Durupt lors d’un meeting tenu salle Fabien, 70 rue des Archives : dans la bagarre qui s’ensuivit Durupt expulsa de la salle Dudragne et sa compagne Foncette Cavé. Dudrage écrivit alors à Andre Schneider,secrétaire de la FRC, pour citer devant un jury d’honneur Durupt qui refusa, n’ayant pas de temps à perdre à discuter avec un individu « si peu intéressant ». Cette dérobade permit à Dudragne de continuer à militer à la FRC et même d’être nommé le 21 janvier 1911 gérant du Libertaire en remplacement d’Eugène Peronnet.

En mai suivant le journal La Guerre sociale dirigea de violentes attaques contre les mouchards Dudragne et Bled Bonnet autre militant de la FRC, espérant ainsi éclabousser Le Libertaire et la FRC qui s’étaient opposés au projet de parti révolutionnaire de Gustave Hervé. Lors d’une assemblée tenue par la FRC le 13 juin 1911, Bled et Dudragne furent exclus et Dudragne fut remplacé à la gérance du Libertaire par Eugène Jacquemin. La Guerre sociale publia un nouvel article injurieux contre la FRC le 21 juin. La 30 juin la FRC réunit un jury d’honneur formé d’Elei Murmain, Sylvaire, Pierre Monatte, Lentz, Pierre Martin, Guicard et Cuisse, pour statuer sur les faits reprochés à Dudragne mais aussi à Cagnili, Boulanger, Kilbatchiche et Bled. Toutefois selon les rapports de police, il ne semble pas que Dudragne ait été un mouchard.

Le 29 septembre 1911, Dudragne fut convoqué aux assises, en tant qu’ex-gérant, pour deux articles antimilitaristes de Dauthuille et de Sené parus dans Le Libertaire du 6 mai. Mais les deux auteurs refusèrent de siéger au côté de Dudragne, et ne se rendirent pas à la convocation. Dudragne préféra également s’abstenir de venir. Il fut condamné par défaut à trois ans de prison et 3 000 francs d’amende.

Le doute continua de planer jusqu’au procès des militants de La Guerre sociale, contre qui Bled et Dudragne avaient porté plainte pour la séquestration. À l’audience, le 7 octobre 1911, Almereyda dut reconnaître : « Je ne crois pas que Dudragne soit un mouchard, mais il est en relations continuelles avec Géo Fourny, qui est un agent provocateur, et c’est ce que je lui reproche. »

Le 12 mars 1912, Dudragne ayant fait opposition de sa condamnation par défaut du 29 septembre 1911, il repassa en procès devant la cour d’assises de la Seine. Il déclara à la barre être « anarchiste révolutionnaire » et assumer pleinement ce que Le Libertaire avait imprimé à l’époque. Il eut pour témoins de moralité son patron et le secrétaire de son syndicat. Dudragne fut condamné à un an de prison. Dans son article relatant le procès, Le Libertaire traita Dudragne de façon assez neutre. Il bénéficia d’une remise de peine le 9 août 1912.

En 1914, il fut exempté, et maintenu dans cette situation le 21 février 1915. Il habitait alors 12, impasse du Moulin-Joly, à Paris 11e. Durant la guerre, il fut opposé à l’union sacrée et participa aux activités des Amis du Libertaire. Il vint soutenir Lecoin, Ruff et Content (voir ces noms) lors de leur procès aux assises en mars 1917.

Dans les années 1910, il avait été condamné à 6 mois de prison pour « avoir favorisé la désertion ».


Sources : Arch PPo BA/1514 — Le Matin du 24 avril 1910 et du 10 août 1912 — L’Humanité des 10 et 11 juin et des 8, 9 et 10 octobre 1911 — La Guerre sociale du 14 juin 1911 — Le Petit Parisien du 8 octobre 1911 — Le Libertaire du 16 mars 1912 — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014 = Notice de G. Davranche in Maitron en ligne // Arc. Nat. F7/12723, F7/13053


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