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Dictionnaire international des militants anarchistes
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Né le 4 avril 1886 à Goulaï-Polié - mort le 15 mai 1974
ANTONI, Woldemar (ou Vladimir) « ZARATHOUSTRA » ; "VOLODYA"
Ouvrier tourneur - Goulaï Polié (Ukraine) - Paris - Buenos Aires - Montevideo
Article mis en ligne le 8 novembre 2006
dernière modification le 14 juillet 2010

par Nick Heath, R.D.
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Woldemar Antoni

Fils d’ouvriers tchéques émigrés en Ukraine en 1862, Woldemar Antoni sous le surnom de Zarathoustra commença à militer en 1904 dans le groupe anarchiste communiste d’Ekaterinoslav. Puis pour échapper à la répression il reganait son village natal où, tout en travaillant et en enseignat dans l’école primaire, il fut en 1906 l’un des fondateurs du groupe anarchiste de Goulaï Polié (Ukraine) dont faisaient partie Nestor Makhno, Louka Grabovoi, Ivan Chevtchenko, Procope Semeniouta, Egor Bondarenko, Alexandre Semeniouta, Ivan Levadny, Piotr Onichtchenko, Nazar Zouitchenko, Louka Korostelev. C’est lui qui fut chargé de l’approvisionnement du groupe en armes et en bombes par l’intermédiaire d’une filière viennoise. Le groupe qui était en contact avec les compagnons d’Ekaterinoslav, Moscou mais aussi Genève et Paris, avait pris le nom d’Union des paysans pauvres et outre la distribution de propagande illégale et de réunions, organisait plusieurs expropriations de banques et propriétaires afin de financer les activités du mouvement.

Le 26 juillet 1906 il participait avec Nestor Makhno et les frères Alexandre et Procope Semeniouta à une de ces expropiations à la gare de Gaichur.

En septembre 1907, suite à l’arrestation d’un militant socialiste révolutionnaire qui avait tué sa compagne et avait ensuite tenté de se suicider avec un revolver donné par Makhno, de cernier était arrêté ainsi que Woldemar Antoni. Très violemment battu pendant son interrogatoire, Antoni ne dira rien et sera libéré au bout d’un mois tandis que Makhno sera emprisonné dix mois. Il quitait alors Goulaï Polié avant d’y revenir en 1909 avec Alexandre Semeniouta dans l’intention d’attenter à la vie de Karachentsev, le chef de la police locale, qui s’était particulièrement distingié dans la répression contre les anarchistes. Le 22 novembre 1909, à l’occasion d’une représentation du groupe théâtral local, dont plusieurs membres étaient anarchistes, Alexandre Semeniouta abattait le chef de la police puis s’enfuyait. Il se suicidera le 1er mai 1910 pour ne pas tomber vivant aux mains des Cosaques qui encerclaient sa maison.
Woldemar Antoni échappait aux arrestations qui suivirent cet attentat et émigrait pour la France, où, à Paris, il recevait une invitation d’un compagnon juif, Isaac Honovich Vilkhov, ancien membre de l’Union des paysans pauvres qui avait émigré en Argentine. Antoni, sous la fausse identité de Grigori A. Lyapinov, le rejoignait à Buenos Aires. Il allait ensuite travailler à la construction de voies ferrés dans la pampa et dans la jungle brésilienne.

En 1928 il vivait sur une île du fleuve Uruguay et était toujours en contact avec Nestor Makhno qui lui avait envoyé ses mémoires et pour lequel il receuillait des fonds.

En 1941 il adhérait au Parti communiste d’Uruguay et en 1944 fut remercié par l’attaché soviétique de Montevidero pour le don qu’il avait fait à la Croix rouge soviétique.

En 1962, sans sa femme qui n’était pas d’accord, il retournait en Union soviétique avec ses enfants et petits enfants. Bien que membre du Parti communiste, les autorités qui n’avaient pas oublié qu’il avait été le mentor de Makhno, ne l’autorisèrent pas à utiliser son vrai nom d’Antoni, et sous celui de Lyapunov l’envoyérent dans une ferme collective du Kazakhstan, ancien lieu d’internement des opposants politiques. Dans des conritions difficiles, il commença à rédiger ses mémoires et ne put toucher une retraite avant 1967.

Woldemar Antoni est décédé à Nikopol le 15 mai 1974 et a été enterré sous son véritable nom au cimetière local. Ses mémoires, où, sans doute pour se protéger et obtenir sa retraite, il critiquait Makhno et l’accusait d’être un ivrogne, ont été déposées au Musée d’histoire de Goulaï Polié.

P.S. :

A. Skirda « Makhno le cosaque de l’anarchie »// Notice de Nick Heath//


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