Dictionnaire international des militants anarchistes
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LAGOT, Eugène [LAGOMASSINI dit)
Mort début 1945 - UA - IRG - SIA - Paris – Panama
Article mis en ligne le 23 avril 2015
dernière modification le 14 décembre 2023

par ps

Eugène Lagot, dont le véritable nom était Lagomassini, fut l’un des fondateurs et l’animateur principal de la Ligue des objecteurs de conscience présidée par Gérard Leretour. Dès le printemps 1933 il était le secrétaire du Groupe de défense des objecteurs, adhérent à l’Internationale des résistants à la guerre (IRG).

Objecteur de conscience et membre de l’Union anarchiste (UA), Eugène Lagot, avait renvoyé le 20 avril 1933 son livret de mobilisation au ministre de la Guerre ; condamné à trois jours de prison, il refusa de les accomplir et fut arrêté. Après la fondation en juillet 1933 par Gérard Leretour de la Ligue des objecteurs de conscience, il en fut nommé secrétaire. Il collaborait alors à la revue Controverses (Paris, 11 numéros & 1 sup. de janvier 1932 à novembre 1934) de Louis Louvet et au journal fondé par Alphonse Barbé et Émile Bauchet Le semeur de Normandie (Caen-Falaise, 1923 -1936). Suite à un article paru dans ce journal le 6 juin 1933 et intitulé « l’objection de conscience et l’armée », il fut condamné avec le gérant Lucien Bernizet, à 18 mois de prison par la 13e Chambre de Paris. En octobre 1933, il signa un appel paru dans Le Semeur appelant tous les réfractaires et objecteurs à revendiquer publiquement leur refus de servir. Ce même mois d’octobre il avait été poursuivi pour avoir injurié deux gendarmes “en les traitant dans une intention outrageante de pandores
En novembre, avec Leretour, Daunay et quelques autres, et en solidarité avec l’objecteur H. Ferjasse en grève de la faim, il participa à la mutilation de la statue de Paul Déroulède place Laborde à Paris ce qui lui valut d’être incarcéré à la prison de Fresnes.

En février 1934, suite à un différend entre lui et René Gérin qui avait laissé entendre qu’il aurait pu être au service de la police, un jury d’honneur – formé de Felicien Challaye, Gérard de Lacaze Duthiers, E. Humbert, Henri Guilbeaux, Armand Charpentier, Han Ryner et le Docteur Castelbon – s’était réuni et avait constaté que Gérin n’avait jamais accusé publiquement Lagot dont certaines imprudences avaient suscité son inquiétude et que rien ne permettait de formuler une telle accusation ou de la considérer comme suspect et avait déclaré que toute polémique personnelle cessait entre Gérin et Lagot et entre leurs amis.

Lors du congrès international des résistants à la guerre tenu près de Londres les 26-30 juillet 1934, il avait été nommé représentant de la France au secrétariat de l’Internationale des résistants à la guerre (IRG), aux cotés notamment de B. de Ligt (Hollande), A. Fenner Brockway (Angleterre), José Brocca (Espagne), Olga Misar (Autriche) et James Saunders (Nouvelle Zélande). Une centaine de délégués - dont Albert de Jong pour le BIA, Léo Campion pour l’IRG belge, Valentin Boulgakov pour les Tolstoiens, Miss Slake la secrétaire de Gandhi, etc - avaient participé aux travaux de ce congrès.

A la fin de l’année 1938 il subit une nouvelle condamnation pour « propagande pacifiste ». Il était à cette époque membre de la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA). Condamné pour insoumission, il prit ensuite la fuite et s’exila au Panama où il décéda début 1945.

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