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ANGELI, Edoardo « POUPON » ; « DINO »
Né le 29 septembre 1903 à Mercato Seraceno (Forli) - mort le 30 octobre 1985 - Ouvrier métallurgiste ; ouvrier du bâtiment - UAI - SIA - CIRA - Forli, Montbelliard, Paris, Marseille, Barcelone, Oran
Article mis en ligne le 8 novembre 2006
dernière modification le 31 juillet 2014

par R.D.
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Edoardo Angeli (années 1930)

Né le 29 septembre 1903 à Mercato Seraceno (Forli) en Emilie Romagne, Edoardo Angeli avait commencé à militer dans le mouvement libertaire en 1917. Il était alors ouvrier moissonneur et participait à toutes les luttes sociales de l’immédiate après guerre.

Après la prise du pouvoir par les fascistes, il s’était exilé en 1923 avec toute la famille d’abord en Suisse puis en France où il était arrivé le 8 décembre 1924 et où il travailla à l’usine Peugeot de Montbelliard, puis comme maçon dans les Alpes Maritimes et à Roanne . En 1926 il montait en région parisienne où il allait demeurer à Fontenay sous Bois jusqu’en juin 1932. Après un séjour à Bâle en 1932 il s’installait à Marseille (Bouches-du-Rhône) où il demeurait 106 rue d’Italie.

En janvier 1933 il était arrêté à Nice avec plusieurs autres antifascistes pour avoir assisté à une réunion "subversive". L’année suivante il participait avec d’autres compagnons italiens - dont entre autres Gino Balestri, Cesare Fietta, Horatio Del Condi, Emilio Predieri, Celso Persici, Pio Turroni et Virgilio Fabrucci - à l’organisation d’une coopérative de travaux du bâtiment qui allait permettre à de nombreux compagnons de trouver à Marseille du travail. Il militait alors dans le quartier de la Belle-de-mai au groupe communiste anarchiste de la Fédération anarchiste du sud-est dont faisaient également partie Giulio Bacconi et Celso Persici. Il effectuait plusieurs voyages militants en Belgique où il rencontrera sa compagne Armida Marchetini.

En juillet 1935 Dino était membre du Comité de coordination marseillais contre la guerre en Abyssinie. Le 1er mai 1936, avec d’autres compagnons italiens, il participait à Marseille à la manifestation derrière le drapeau noir porté par la fille du comapgnon Ercolino Bardini.

Il allait en Espagne au début de la guerre civile, en Catalogne et aussi à Madrid, mais ne participait pas aux combats, ne pouvant se résoudre, comme le dit R. Bianco "à toucher une arme, même pour tout l’or du monde.". Pressé par ses propres camarades de quitter l’Espagne, il en était revenu en mai 1937 quelque peu désenchanté. Ouvrier dans une cimenterie qui avait une succursale en Algérie il partait peu après avec sa compagne Armida s’installer en Algérie à Oran où il demeurait 3 rue Damiette et était membre de la section locale de la Solidarité internationale antifasciste (SIA). Son nom figurait alors sur une liste établie par la direction de la sureté à l’occasion des voyages officiels, répertoriant de très nombreux compagnons et intitulée "Menées terroristes".

A la fin de la guerre d’Espagne, il participait à un réseau d’évasion des réfugiés espagnols en Algérie ce qui lui valait d’être arrêté le 19 juillet 1939 avec Celso Persici et Edmond Lelli. Dino était libéré au bout de deux mois. Après l’armistice de 1940 et dès l’installation à Oran de la Commission italienne d’armistice, Dino Angeli, Celdso Persici et E. Lelli passaient clandestinement au Maroc où ils étaient accueilli par d’autres camarades italiens vivant sous de fausses identités espagnoles comme Mario Pisanchi qui résidait alors à Bouarfa sous le nom de Luis Rodriguez y Castro. Dino ne retournait à Oran qu’en septembre 1943, après le débarquement allié d’Afrique du nord. Á la Libération il participait aux activités du groupe Libre examen dont faisaient également partie Jean Ferri, José Giner et Fernando Matteo et qui publiait en 1944-1945 un bulletin trilingue (français, italien, espagnol) intitulé Libre examen et dont 5 à 6 numéros ont paru à Oran.

Dino Angeli

Au moment de l’indépendance de l’Algérie en 1962 Eduardo Angeli et Armida Marchetini rentraient en France à Marseille où tous deux participaient aux activités du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme (CIRA).

"Poupon", témoigne R. Bianco "était toujours là quand on avait besoin de lui et tous ceux qui ont frappé à sa porte savent combien son accueil était fraternel et chaleureux."

Chaque automne Dino allait en Italie se ressourcer. C’est lors d’un de ces voyages, que peu après son arrivée, il était conduit d’urgence à l’hôpital Sant’Orsola de Bologne où il s’éteignait le 30 octobre 1985.

P.S. :

Sources : Stefan Van Zegel "Y’en a pas un sur cent" (mémoire de l’Université de Bruxelles, 1985) // R. Bianco "un siècle de presse..." // Notes D.Dupuy// Bulletin du CIRA, Marseille, n°26-27, 1er semestre 1986 (nécrologie de R. Bianco)// AD Gard 1M757 (Menées terroristes, liste du 16 avril 1937) // "Dizionario biografico degli anarchici...", op. cit. (Notice de F. Bucci & G. Landi) //


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