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DEMONSAIS, Édouard
Né à Échillais (Charente-Inférieure), le 4 mars 1885 - mort le 28 mars 1974 - Electricien & employé municipal - ARAC - CGT - CGTU - Toulon (Var)
Article mis en ligne le 22 février 2007
Dernière modification le 19 février 2018

par R.D.

Fils d’un chef-journalier à l’Arsenal, Edouard Demonsais avait effectué le service militaire d’octobre 1906 à octobre 1908. Selon les archives du personnel de la mairie de Toulon, il avait été au « service de l’État » du 4 mars 1901 au 1er octobre 1906 et du 1er octobre 1908 au 13 septembre 1914. Il se maria à Rochefort (Charente-Maritime) en mars 1915. Il était entré à la mairie de Toulon le 17 août 1915 comme ouvrier électricien au service de l’assainissement. À partir du 19 mars 1919, il travaillait à l’Arsenal maritime comme ouvrier électricien immatriculé (direction des Constructions navales, atelier des réparations). Marié en mars 1915, il habitait la Basse ville.

Membre du groupe libertaire de la Jeunesse libre et du bureau de la section de l’ARAC, il devint membre du conseil d’administration du syndicat CGT de l’Arsenal, le 12 mars 1920 et secrétaire adjoint le 13 mai. Il fut un des quinze ouvriers grévistes congédiés à la suite de la décision du préfet maritime, le 10 mai 1920. Il devint alors un des porte-parole du courant minoritaire du mouvement syndical toulonnais. Il attaquait les majoritaires dans la presse locale, participait aux réunions pour l’amnistie intégrale, exaltait la désertion et la révolution russe. Aussi la police le classait-elle parmi les communistes, ce qui était une erreur.

Membre des CSR, il entra à la commission exécutive de l’Union départementale au congrès du 20 novembre 1921 et militait toujours au syndicat de l’Arsenal bien que révoqué. Il participa à la naissance du syndicat CGTU en mars 1922.
Membre des Comités de défense syndicaliste, il s’opposait à Flandrin et aux communistes. Le 1er septembre 1922, selon la police, dans une réunion il indiqua : « Qu’il vienne donc ce jour et nous verrons qui conduira le mieux la barque, de nous syndicalistes anarchistes avec notre idéal d’amour, de paix et de justice, ou de vous communistes, avec votre implacable et odieuse dictature qui brise quiconque ne pense pas comme vous ».

A cette époque il collabora, notamment à la rubrique "Tribune syndicale" à l’organe de la Fédération anarchiste du sud Terre Libre (Marseille, 1922, 10 numéros) dont l’administrateur était André Viaud et le gérant Pierre Le Roux.

Il souhaitait rester à la CGTU d’autant que la motion qu’il présentait avec Robert, obtint 23 voix contre 19 à celle présentée par Flandrin qui condamnait les CDS. Toutefois, le 15 septembre 1922, il démissionna avec quatre autres militants CDS du CA pour protester contre l’utilisation de l’action de la Bourse du Travail dans le journal communiste. On le trouvait comme contradicteur des meetings communistes. Au congrès de l’Union départementale de la CGTU le 1er octobre 1922, il présenta le rapport financier comme trésorier de l’UD. Il proposa un ordre du jour de protestation contre l’arrestation de Schapiro qui fut repoussé à l’unanimité, sauf une abstention après les indications données par le délégué de la CGTU qui indiquait qu’une enquête était en cours. Dans la discussion, il accusa la Commission exécutive et le Bureau confédéral de la CGTU de « mettre le syndicalisme en danger par l’intrusion des politiciens de Moscou » (La Vie ouvrière, 13 octobre 1922). Selon le compte rendu du congrès publié dans l’Humanité le 14 octobre 1922, il avait prononcé un « chant triomphal en l’honneur de l’Internationale anarcho-syndicaliste de Berlin » et avait été un des fondateurs à la mi-septembre du Comité de défense syndicaliste. Il fut toutefois réélu trésorier de l’UD.

En 1922 il collaborait à l’organe de la fédération anarchiste du sud-est Terre Libre (Marseille, 10 numéros du 20 juin au 5 novembre 1922) dont l’administrateur était André Viaud et le gérant L. Faure puis Pierre Le Roux.

Le conflit anarchistes-communistes se développait. Il devait être tranché par le congrès extraordinaire de l’Union départementale. La motion présentée par Demonsais ne recueillit, le 6 juillet 1923, que 4 voix contre celle de Flandrin, qui en groupait six. Une motion le blâmant obtint le même résultat. Il remit sa démission de trésorier de l’UD.
Demonsais animait les attaques privées contre Flandrin. Son courant était toujours majoritaire à l’Union locale de Toulon. Il fut désigné le 20 juillet 1923 pour siéger au conseil d’administration de la Bourse du Travail.

Demonsais entra le 16 janvier 1922 dans le personnel communal au service de l’assainissement comme mécanicien. Il était devenu ajusteur électricien, le 1er mai 1923, et avait été titularisé, le 1er novembre, comme ouvrier professionnel, deuxième catégorie. Bien que, en application de la loi d’amnistie, le préfet maritime ait proposé sa réintégration « de plein droit » à l’Arsenal, le 2 avril 1925, il resta employé communal.

À partir de 1925, il animait le syndicalisme se réclamant de l’autonomie à Toulon. Militant syndical à la mairie (dès août 1925, il était chargé de dresser le cahier de revendications du personnel communal), il était secrétaire adjoint du comité d’action contre la vie chère et membre de la commission locale chargée d’élaborer un indice du coût de la vie. Le 3 janvier 1926 il avait été désigné avec Gaïchel comme délégué à la conférence nationale des syndicats autonomes qui devait se tenir à Paris le 31 janvier et où il représentait le Cartel de liaison des syndicats autonomes du sud-est. Secrétaire du syndicat autonome des employés et ouvriers communaux, il succéda à Baugé comme secrétaire administratif de la Bourse du Travail, le 6 décembre 1926 par 25 voix contre 18 à Massoni, candidat de la CGT. Deux mois auparavant, il avait fait adopter par 18 voix contre 13 la suppression du poste de secrétaire permanent rétribué.

Il avait obtenu à partir de 1927, chaque année, un congé sans solde d’un mois justifié par ses responsabilités syndicales. En octobre 1929, il avait été chargé par la Bourse du Travail d’organiser des cours d’adultes et professionnels. C’est vers cette époque qu’il avait sans doute adhéré à la SFIO (pour la suite de sa carrière syndicale voir sa notice dans le Maitron ).


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