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DELAVAUD, Damase, Clément (ou Clément Delavaud Dalmas)
Né le 8 avril 1884 à Mosnay (Indre) - mort le 2 juillet 1973 - Ouvrier jardinier - CGT - Chateauroux (Indre) - Mastatal (Costa Rica) - Marseille (Bouches du Rhône)
Article mis en ligne le 16 février 2007
Dernière modification le 17 février 2018

par R.D.

Fils d’un cultivateur (ouvrier agricole) de Mosnay (Indre), Clément Delavaud fut prénommé Damase mais il ne fut connu publiquement qu’avec son second prénom. Quittant sa commune natale, il s’installa vers 1910 à Châteauroux dans le quartier populaire de Saint-Denis et s’embaucha comme ouvrier jardinier chez Henri Berthelot, jardinier route de Lignières. Selon la police, ce patron était un socialiste révolutionnaire.

Dès son arrivée à Châteauroux, Clément Delavaud fréquenta assidument la Bourse du Travail CGT et devint un militant actif du groupe de la Jeunesse Syndicaliste (anarcho-syndicaliste) que venait de créer Maurice Charron, groupe dont l’activité se poursuivit jusqu’en 1914. Dans le même temps, Clément Delavaud créa un syndicat d’ouvriers agricoles dont les statuts furent déposés en juin 1911 sous la dénomination de « Syndicat général des ouvriers agricoles, domestiques et servantes de ferme et professions similaires de l’Indre ». Le syndicat, dont le siège social était fixé à la Bourse du Travail de Châteauroux, revendiqua deux cents adhérents et se fédéra à L’Union nationale des bûcherons et des journaliers agricoles dont le siège se trouvait dans le Cher, fédération dirigée par Jules Bornet

Les statuts étaient de facture classique mais précédés d’une introduction originale intitulée « Devoirs des syndiqués » : « Si tu veux que le groupement syndical devienne réellement efficace et précipite l’avènement de ton émancipation intégrale, REVOLTE-TOI contre toute atteinte à ta dignité d’Homme, à ta liberté, à ton bien-être, cherche à améliorer ton triste sort d’exploité. CHERCHE à acquérir par ton attitude franche et loyale l’estime de tes camarades, conseille-les, aide-les en toutes circonstances lorsqu’ils se trouvent embarrassés, profite de toutes les occasions pour en faire des hommes forts et conscients de leurs droits et de leurs devoirs. FAIS partout où tu passeras et dans tous les milieux une intense propagande syndicale. EXIGE chaque mois ton journal corporatif, Le Travailleur de la Terre, et aussitôt que tu l’auras lu, passe-le à d’autres camarades ; applique-toi à payer régulièrement tes cotisations ; fais à ton syndicat de nouveaux adhérents ; assiste aux réunions syndicales montre-toi y tolérant, attentif, réfléchi, manifeste ta manière de voir sur les questions en discussion ; assure-toi si ton syndicat fait de la propagande, de l’éducation, si la comptabilité est bien tenue. Dans tes moments de repos, lis, étudie, apprends à connaître la vie, parcours les journaux d’avant-garde, les bons livres, apprends les choses utiles et belles. Rends-toi solidaire de tes camarades en cas de besoin, sois conscient de ta force de volonté, sois toujours prudent mais énergique et résolu dans tous les conflits auxquels tu peux être mêlé. Enfin rappelle-toi « qu’on obtient que ce que l’on impose » et marche donc vers la transformation sociale, vers la suppression du patronat et du salariat et l’instauration d’un meilleur régime. Le travail est la plus grande richesse, prends ta place. Ne faillis pas, camarade, à ces devoirs impérieux. »

Le secrétaire du syndicat était donc Clément Delavaud à la tête d’un bureau composé de Paul Lemay (trésorier, domestique de ferme à Brion), Eugène Daurence (domestique de ferme à Brion), Alexandre Cendrier (domestique à La Champenoise), et Rabrioux (journalier à Diors). Le syndicat fut réputé dissout avant le début de la Première Guerre mondiale.

Aux élections législatives de 1914, il fut candidat abstentionniste dans la 1re circonscription de Châteauroux. Voici des extraits de ses affiches électorales qu’édita le groupe libertaire de Châteauroux :
— « Ne votez pas pour ces trois hommes (les candidats). Bourgeois tous trois, ils défendront toujours leur classe contre la vôtre, car leur paresse s’entretient de votre labeur ! Ne votez pas non plus pour moi, car je suis impuissant à vous apporter une libération sociale que vous ne désirez pas encore consciemment ! Devenez conscients ; en vous seuls est le salut par l’éducation, l’organisation et la révolte. »

— « Vos candidats se moquent de votre bonheur. On n’a que le bonheur qu’on sait conquérir, qu’on impose !... Quand vous saurez vouloir et exiger, le Parlement, si réactionnaire soit-il, sera à vos ordres. Quand vous cesserez de vous haïr pour haïr seulement vos exploiteurs, quand vous aurez un idéal social, une pensée plus active, un égoïsme moins rétréci, quand vous réaliserez une sobriété plus grande, une conscience plus élevée, une entraide plus réelle vous édifierez une société plus humaine où le fort protégera le faible au lieu de l’écraser. »

Antimilitariste, il déserta en 1915. Quittant le camp militaire d’Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire), il passa en Espagne puis aux États-Unis ; il fit partie ensuite de la colonie communiste de Mastatal au Costa Rica qui réunissait une quarantaine de compagnons dont Pratt. Il revint en France quand il ne fut plus mobilisable et se fixa à Marseille.

Il vivait dans l’Indre en 1962 et était en rapport avec le journal individualiste L’Unique. Il mourut à Châteauroux en juillet 1973. Il habitait alors avec sa sœur Clémentine à la ferme dite « La Font de Moulin » à Mosnay (Indre).


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