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CALLIS CALDERON (ou CLAVERIA), Francisco
Se suicide en 190 ? - MLE – Barcelone (Catalogne)
Article mis en ligne le 15 juillet 2014
Dernière modification le 20 novembre 2018

par ps

En 1896, alors qu’il venait de revenir d’Argentine, Francisco Callis Calderon avait été arrêté et accusé d’avoir participé le 7 juin à l’attentat de la rue Cambios Nuevos. Torturé atrocement au fort de Montjuich au point qu’il en deviendra fou il fut condamné en décembre à 19 ans de prison, peine augmentée à l’automne 1897 de la perpétuité pour complicité d’un attentat commis en 1886 contre le siège du patronat à Barcelone. Lors du conseil de guerre tenu en décembre 1896 à Montjuich, 40 accusés avaient été condamnés à 20 ans de prison, 27 à 8 ans et 8 - dont Tomas Ascheri, Luis Mas, Antonio Nogues, Juan Alsina et José Molas - condamnés à mort et exécutés le 4 mai 1897.

Lors des séances de tortures, il fut comme Luis Mas martyrisé à l’aide d’un appareil spécial qu’il décrivit ainsi : "...c’est un casque de fer ayant à sa partie postérieure une sorte d’arbre ou essieu tournant auquel aboutissent plusieurs pièces qui se tendent à l’aide d’une manivelle. L’une des pièces emprisonne et tire fortement par en haut la lèvre supérieure, la faisant recouvrir le nez jusqu’à ce que la chair des gencives éclate. Une autre pièce prend et tire par en bas la lèvre inférieure. Pour faciliter la respiration, une pièce s’introduit dans la bouche. L’appareil repose sur les épaules et deux autres pièces pressent horriblement les tempes" (cf. Le Père Peinard, 18 avril 1897).

A l’automne 1897, suite à des propos tenus par Ascheri et Manuel Enrique sous la torture, il fut de nouveau poursuivi pour un attentat qu’il aurait commis le 1er septembre 1886 contre le siège du club patronal Fomento del trabajo nacional. Transféré du bagne de Penon de la Gomera à Barcelone, il assura, lors des audiences en novembre, que le jour de cet attentat il assistait en tant que délégué de la Fédération ouvrière à une réunion rue de la Camida en compagnie d’autres délégués devant discuter d’une grève et rappela que ses aveux sur l’attentat de la rue Cambios Nuevos avaient été faits sous la torture. Quelques uns des survivants de cette affaire - dont Suñé et Olle - vinrent témoigner des tortures qu’ils avaient subies.
Dans une lettre de la prison de Barcelone, datée du 3 décembre 1897, co-signée par Juan Torrento, Francisco Lis, Jaime Vilella, Juan Casanovas, Antonio Cerezuelo, Lorenzo Cleiria, Juan Bautista Olle et Sebastian Suñe, Francisco Callis dénonçait ce nouveau jugement basé uniquement sur les tortures subies par les accusés (cf. Le Père peinard, 19 décembre 1897).
En décembre 1897 des souscriptions étaient ouvertes en faveur de sa vieille mère, âgée de 70 ans, réduite à la mendicité pour pouvoir survivre et envoyer à son fils le peu qu’elle récoltait.

Depuis la prison il collabora notamment au supplément de La revista Blanca (1899). En 1900 il fut le signataire depuis la prison d’un manifeste dénonçant les tortures et fut finalement libéré. Il devint alors le compagnon de Francisca Saperas. Lors de la grève de 1901 il fut interné à bord du bateau-prison Pelayo.

Selon certaines sources il aurait accompagné Tarrida del Marmol en Europe lors de la campagne de dénonciation des tortures à Montjuich.

Vers le milieu des années 1900, ne pouvant plus supporter les séquelles des tortures, il se suicidait en se jetant du 3ème étage de son appartement à Barcelone.


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