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Dictionnaire international des militants anarchistes
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DELON, Robert, Charles
Né le 24 juin 1885 à Puteaux (Seine) - mort 15 décembre 1970 - Typographe ; comptable ; marchand forain - FRC - Paris - Vincennes (Val de Marne)
Article mis en ligne le 16 mai 2014
Dernière modification le 8 mai 2018

par Guillaume Davranche, ps

Fils d’une famille cévenole (père comptable, mère au foyer), enfant dans la secteur Puteaux-Suresnes, Robert Delon quitta obtint le CEP [à dix ans, premier de son canton dit la famille], et fréquenta le lycée Jean-Baptiste Say plusieurs années puis travailla dans une fabrique de jouets d’où il fut chassé pour avoir distribué des jouets à des enfants pauvres, selon la mémoire familiale. Robert Delon, avait été libéré du service militaire en septembre 1908, à Nîmes où il avait commencé à collaborer à L’anarchie.

En 1909, Robert Delon fréquentait les individualistes. À l’occasion de la création de la Fédération révolutionnaire, en avril 1909, il signa dans L’anarchie du 6 mai 1909 - et à laquelle il collaborait a moins depuis 1906 - un article anti-organisationnel et antirévolutionnaire, « Devons-nous nous fédérer ? » : « N’ayant aucune affinité d’action avec les révolutionnaires hystériques et névrosés, toute individualité sensée saisira pourquoi nous nous séparons d’eux », écrivit-il. Et d’agonir les « amoureux de la bataille pour la bataille, militaristes libertaires en quête d’exploits sensationnels, boxeurs ratés à la recherche de têtes à massacre, visionnaires naïfs ou vantards outrecuidants » qui constituaient la FR.

Il semble avoir évolué ensuite dans son approche puisque le 4 juin 1911, il devint trésorier de la Fédération révolutionnaire communiste (FRC) en remplacement de Lucien Gras. Il fut remplacé à ce poste dès décembre 1911 par Lucien Belin. En 1911-1912 il collabora semble-t-il à La Vie anarchiste (Reims, 1911-1912). Il était alors domicilié 6 rue Villevois Mareuil à Vincennes.

Inscrit au carnet B, il avait été réformé n°2, position dans laquelle il fut maintenu en juin 1915. Selon la mémoire familiale, « pacifiste et non-violent [il] refusa également de faire la guerre et fit une telle grève de la faim que lorsque les militaires vinrent le chercher, voyant son état, ils lui dirent qu’à leur avis, il ne survivrait pas trois jours de plus, et le laissèrent tranquille ».

Il se maria avec une Bretonne, Lydie Herrault, née en 1896 à Rennes (Ille-et-Vilaine), qu’il avait connue par ses frères, anarchistes. Ceux-ci, André et Émile Herrault, émigrèrent aux États-Unis pour éviter la guerre de 1914. André Herrault, alias André Miroy, né 8 janvier 1890 à Laval, participa à la création d’une communauté anarchiste avec d’autres français, et demeura aux États-Unis jusqu’à sa mort. Parlant plusieurs langues (français, anglais, yiddish plus tard russe), il était traducteur. Émile, moins engagé, resta aux États-Unis comme garagiste. Un autre frère, Robert, mourut pendant la Première Guerre mondiale alors qu’il avait prévu de partir aux États-Unis.

Robert Delon vécut à Vincennes (Seine, Val-de-Marne) restant durablement fidèle à ses idées anarchistes. Il fut comptable, et commerçant sur les marchés, toujours attaché à sa liberté professionnelle.

Il s’installa en Bretagne au tout début des années 1950, dans la maison familiale de son épouse, Lydie Herrault. Celle-ci partageait ses idées sans être, semble-t-il, une militante. D’anciens membres de la communauté anarchiste américaine de leur frères et beau-frères lui rendirent visite à Vincennes après la Libération et peut-être plus tard en Bretagne.

Marcheur infatigable, il allait dans les Cévennes, ou les Pyrénées, pouvant parcourir de longues distances, heureux d’être seul avec la nature. Selon sa petite-fille, « il se mettait rarement en colère, et se moquait de l’absurdité de la vie, avec un rire silencieux ».

Membre de la Société des poètes, il écrivait des poésies qui furent éditées dans diverses revues, dont La vie idéaliste, Le Bulletin de la Société des poètes français et Alternances. Autodidacte, il avait des connaissances variées dans le domaine de la philosophie et de la littérature, et fréquentait les artistes.

Robert Delon est mort 15 décembre 1970 à Saint-Pern (Ille-et-Vilaine).

Son fils, Robert Delon, cheminot, adhéra au Parti communiste. Sa fille évoque la « fureur » de son père lorsqu’il apprit cet engagement, car il manifestait une grande hostilité au communisme et plus généralement aux organisations.


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