Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

AQUINO, Acacio Tomas (ou Tomaz)

Né à Lisbonne le 9 novembre 1899 — mort le 30 novembre 1998 — CGT (P) — Lisbonne (Portugal)
Article mis en ligne le 22 février 2014
dernière modification le 12 juillet 2024

par ps
Acacio Tomas de Aquino

C’est en 1916 que Acacio Tomas de Aquino avait adhéré au syndicat CGT de la construction lors d’une grève pour les 8 heures. En 1920 il faisait partie de la Jeunesse syndicaliste et avait été nommé délégué de la Fédération des jeunesses libertaires.

Acacio Tomas Aquino était membre en 1933 du Conseil fédéral de la CGT, de l’Alliance libertaire, représentant de la Fédération rurale, et secrétaire général de la Fédération de la construction civile. Il collaborait également à l’organe du syndicat du bâtiment o Construtor ainsi quà l’organe central de la CGT A Batalha.

Coordinateur depuis l’automne 1933 de la Commission d’action directe, il participa avec Mario Castelhano et José Francisco à la préparation de la grève générale du 18 janvier 1934 pour s’opposer au contrôle des fascistes sur les syndicats. Suite à la trahison de certains éléments du Parti communiste qui s’étaient engagés à participer au mouvement, Il fut arrêté le 11 décembre 1933 et condamné à 16 ans de détention et 20.000 escudos d’amende. Vers 1936, après avoir passé 3 ans à la forteresse de San Joao Bautista de l’île Tercera (Açores), il fut transféré comme de nombreux autres militants au camp de concentration Tarrafal au Cap Vert où il allait passer 13 ans et où il joua un rôle considérable dans l’organisation libertaire clandestine du camp qui s’opposa notamment à l’organisation communiste accusé de collbaoration.

Vers 1947 ou 1948, au camp de Tarrafal, les gardiens avaient surpris un capverdien avec un morceau de pain de détenus qui avait entrainé l’ouverture d’une enquête de la direction du camp : pour éviter une punition collective, Acacio Tomas Aquino, qui était alors malade et sans appétit, s’était dénoncé en disant qu’il n’avait pas eu l’intention de violer le règlement mais qu’il avait juste voulu secourir un pauvre. Le lendemain la ration de pain des détenus dut diminuée de 150 grammes et un autre détenu, Antonio Saleiro, qui avait protesté avait été condamné à 15 jours de cachot.

A son retour de déportation le 10 novembre 1949, il fut, comme sa famille, soumis à une étroite surveillance de la police politique (PIDE) et n’obtint une libération totale qu’en novembre 1952.

Après la Révolution des œillets et la chute du régime salazariste en avril 1974, il participait à la reconstruction de la CGT et aidait financièrement son organe A Batalha ainsi qu’à, la formation du Centre d’études libertaires de Lisbonne.

Acacio Tomas de Aquino, qui avait témoigné pour le livre publié en 1978 O Segredo das Prisões Atlânticas (Editorial A regra di Jogo) et qui avait pour copagne Luisa Aldao (1914-1999), est décédé à Lisbonne en 1998.


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