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Dictionnaire international des militants anarchistes
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MOULINIER, Lucien, Adrien, Hyacinthe
Né le 7 avril 1872 à Orléans - Ouvrier ferblantier – Orléans (Loiret)
Article mis en ligne le 3 février 2016
Dernière modification le 10 juillet 2017

par ps

Le 21 janvier 1892 Lucien Moulinier avait été condamné à Versailles à 2 mois de prison et 20 francs d’amende pour « outrages, rébellion et violences à agents ». Il demeura ensuite à Paris (127 rue du temple avec un certain Evrard, 160 rue Saint Maur et 3 passage Faugeat) et fut arrêté à Paris le 18 août 1893 avec Marpaux et Arthur Lardereau alors qu’ils apposaient des placards anarchistes du Père Peinard au populo, affaire qui n’eut pas de suite. La police le qualifiait de « rôdeur de barrière et anarchiste ». Ce même mois d’août il partait pour Orléans.

En septembre 1893, en association avec Philippe Colas qui l’avait rejoint et avec lequel il habitait, il avait ouvert à Saint Jean de la Ruelle (Orléans) , un petit atelier de chaudronnerie et de ferblanterie. Il y recevait diverses publications anarchistes et des affiches dont certaines imprimées à Londres.

Suite à l’apparition de divers placards dans la nuit du 23 au 24 novembre, puis à l’attentat d’Auguste Vaillant à la Chambre des députés et sur la foi de renseignements, il fut arrêté avec Colas dans la matinée du 20 décembre au moment même où il venait de recevoir du facteur un paquet d’affiches - « Les dynamitards aux Panamitards  » et « Réponse aux fusilleurs »- analogues à celles collées en novembre. Lors de la perquisition la police avait également saisi une correspondance avec divers compagnons, un carnet d’adresses appartenant à Colas et divers exemplaires de La revue anarchiste ainsi que des vers composés par lui-même et Colas. Tous deux furent alors poursuivis pour « association de malfaiteurs » en application des nouvelles lois de répression de l’anarchisme (18 décembre 1893). Après que la presse (notamment Le Figaro et Le Républicain orléanais du 22 décembre 1893)) ait révélé que l’arrestation des deux compagnons avait eu lieu suite à une entente entre les autorités préfectorales et le parquet, que la police n’avait pu prouver que ces compagnons aient participé au collage de novembre et suite à la non rétroactivité d’une loi prise en décembre, tous deux bénéficièrent d’un non-lieu comme divers autres compagnons – dont E. Lecomte et Drion - arrêtés pour la même affaire et en correspondance avec Colas ou Moulinier.

Le 18 février 1894 il adressa pour publication la lettre suivante à la rédaction du Républicain Orléanais : "Depuis ma mise en liberté et surtout depuis le récent attentat de l’Hôtel Terminus, je me trouve souvent en but aux sarcasmes de certaines personnes qui me connaissent. J’avoue qu’autrefois j’étais enthousiasmé par l’idéal anarchique, mais jamais je n’ai été partisan des moyens de violence ; et bien qu’ayant subi une captivité préventive de 35 jours, il est évident que, si j’ai été relaxé, c’est que la justice a reconnu que je n’étais pas coupable...Je vous prie donc...de faire connaitre aux habitants d’Orléans que depuis ma mise en liberté, j’ai abandonné complètement toute idée politique pour ne plus m’occuper désormais que de mon travail".

Le 13 mars 1894, tout comme Colas, il était à nouveau perquisitionné sans résultat et tout comme Colas déclarait avoir répudié les idées anarchistes, affirmation que les autorités continuèrent de considérer comme suspectes.

Le 27 juin 1894 Moulinier fut l’objet d’une nouvelle perquisition où la police avait saisi diverses correspondances notamment avec le compagnon Lecomte qui lui recommandait de lui écrire au nom de Labitte, poste restante à Bordeaux. Arrêté le 28 juin, il fut remis en liberté provisoire le jour même.


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