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CESBRON, Maurice

Ouvrier biscuitier — JAC — UA — Lyon & Villeurbanne (Rhône)

 

Ancien ouvrier biscuitier, Maurice Cesbron était à la fin des années 1930 le secrétaire du groupe des Jeunesses Anarchistes Communistes (JAC) de Lyon qui comptait une cinquantaine de membres. Il était également en 1937 le responsable du bulletin L’Air pur paraissant à Villeurbanne et collaborait au Libertaire organe de l’Union anarchiste. Il résidait alors 19 rue de la Poste à Villeurbanne. À la même époque il avait tenté de publier une Tribune rhodanienne des jeunes anarchistes, bulletin qui eut, semble-t-il, une vie éphémère.

Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation, Maurice Cesbron se rallia à la collaboration. membre du Parti populaire français de Jacques Doriot, il dirigea le nº 50 de Notre Combat pour la nouvelle France socialiste (juin 1943), intitulé « Leur anticommunisme est le nôtre ». Il aurait en outre souscrit un engagement dans la Ligue des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) sans être envoyé au front. Le 2 juillet 1944, il fut incorporé dans un régiment de la division Brandebourg (Streitkorps Südfrankreich), une unité allemande composée de volontaires français et chargés de la lutte contre la Résistance. Selon un rapport de la BST de Lyon, il aurait été à l’origine de l’arrestation le 17 juillet 1944, à l’issue d’une réunion clandestine à Lyon, d’un groupe de la Résistance : Albert Chambonnet (responsable régional FFI), Léon Pfeffer (bataillon Carmagnole des FTP-MOI), René Bernard (militant communiste), Pierre Chirat “Françis” (Jeunesse ouvrière chrétienne) et Gilbert Dru (Jeunesse étudiante chrétienne). Tous furent torturés au fort de Montluc, puis fusillés sur la place Bellecour le 27 juillet suivant (voir ces noms dans le Maitron des fusillés)

Lors de la retraite des troupes allemandes, Cesbron aurait rejoint l’équipe du Petit Parisien édité en Allemagne, sur l’île de Mainau par Doriot et les autres responsables du PPF. Puis, à la fin de la guerre, sous le nom de “Antonio Corella”, il passa en Suisse en mai 1945 avec un groupe de travailleurs espagnols. En aout 1945, il aurait été dénoncé par la légation de l’Espagne franquiste comme « Français et extrémiste de gauche » et aurait été refoulé vers la France. Il serait toutefois parvenu à revenir clandestinement en Suisse où il serait resté jusqu’au moins décembre 1948.


Sources :

  • Arch. préf. police Paris BA 1899.
  • Centre des archives contemporaines Fontainebleau, carton 19940460.
  • Georges Fontenis. L’Autre communisme : histoire subversive du mouvement libertaire. Acratie, Mauléon, 1990.
  • Notes Guillaume Davranche & Daniel Dupuy.
  • Luc Van Dongen. Un Purgatoire très discret : la transition helvétique d’anciens nazis, fascistes et collaborateurs après 1945 (Perrin, 2008).
  • Notes d’Olivier Pigoreau (avril 2017).

Au moins 2 revues francophones parues sous ce nom (voir sur le site Bianco).