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GALVE LISBONA, Nemesio "CHOLAS"
Né à Palomar (Teruel) le 5 (ou 18) août 1905 - ouvrier charpentier ; journaliste - MLE – CNT – Lavelanet (Ariège) - Perpignan (Pyrénées orientales) - Madrid (Nouvelle Castille) – Paris - Bruxelles
Article mis en ligne le 27 juin 2007
Dernière modification le 26 juillet 2016

par R.D.
Nemesio Galve (1927)

Nemesio Galve Lisbona avait émigré en France en janvier 1923. Il travaillait comme menuisier à Lavelanet (Ariège) jusqu’en septembre 1927 où il allait à Perpignan (Pyrénées Orientales). Il travailait alors comme charpentier et était signalé par la police comme "fréquentant les groupes anarchistes se réunissant chez la veuve Pérez, 8 rue Fabrique Nadal". La police précisait qu’il suivait "un régime végétarien" (cf. rapport du 17 otobre 1927).

En 1930 il vivait à Paris avec sa compagne Josefa Salas (née Gonzalez, à Aranda le 19 mars 1903) dans un hôtel de de l’avenue d’Italie (13è arrondissement). Cette dernière travaillait alors comme piqueuse en chaussures aux établissements BOP, 22 avenue d’Italie. Le 27 avril 1930 il était arrêté lors d’une opération de police effectuée à Vigneux, sur les bords de la Seine où se tenait une assemblée générale de la fédération anarchiste de langue espagnole de la Seine. La police signalit alors qu’il était "lecteur de nombreux journaux et brochures libertaires" et qu’il "possèdait dans sa chambre des listes de souscriptions ou d’abonnements à des organisations révolutionnaires". (cf. rapport du 20 août 1937). Il déménageait en août 1930 pour aller 102 rue du Fort à Aubervilliers où il vivait avec sa compagne "dans une misérable baraque en planches". Au printemps 1931, il rentrait à Barcelone où il aurait été arrêté le 30 juillet "pour révolte à main armée".

Nemesio Galve (1938)

Nemesio Galve était à l’automne 1936 le délégué permanent de la fédération catalane au Comité national de la CNT à Madrid. Homme de confiance de Mariano R. Vazquez, il était envoyé à Paris où il fut d’abord le collaborateur représentant de la CNT au bulletin Le Journal de Barcelone (Paris, n°1, 20 janvier 1937) édité par l’office de presse et d’information de la Généralité de Catalogne. A partir de septembre 1937 il était chargé de recueillir des fonds pour la CNT-FAI et était suspecté par la police de participer à un trafic d’armes achetées en Belgique et Hollande et acheminées en Espagne. Il habitait alors 9 rue Henri Monier (Paris 9) avec sa compagne et le compagnon Emilio Carbonell. Lors des évènements de mai 1937, Nemesio Galve avait fait prendre au Journal de Barcelone une position anti stalinienne qui fit que l’office de presse de la Généralité fit cesser la parution du journal le 5 mai. Galve qui selon la police "disposait de fonds très importants" (estimés à une centaine de million) et était détenteur d’une carte de presse CNT-FAI délivrée le 15 juillet 1937 par la Direction de la sécurité de Valence, lançait le nouveau journal bilingue La Nouvelle Espagne Antifasciste/ Nueva España Antifascista (Paris, 60 numéros du 20 septembre 1937 au 17 novembre 1938) dont il était le rédacteur en chef et dont le gérant officiel était Albert Soulillou. Le journal, dont les bureaux se trouvaient dans un local 28 boulevard Saint Denis (Paris 10) et avaient été louées au nom d’Emilienne Morin la compagne de B. Durruti, défendait la ligne officielle de la CNT-FAI, était soutenu par l’Union Anarchiste et réservait au moins une page à la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) ; son orientation et sa stratégie d’union anatifasciste aux dépens de la révolution, seront fortement critiquées par la Fédération anarchiste de langue française (FAF). Il était également membre du secrétariat de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT). Correspondant à Paris des journaux Solidaridad Obrera (Barcelone) et Fragua Social (Valence), il touchait selon la police environ 4.000 francs par mois pour sa collaboration à ces divers journaux" (rapport du 1er janvier 1938). Afin d’appuyer une demande de délivrance de carte d’identité, Nemesio Galve, pour justifier ses voyages à l’étranger et les importants fonds dont il disposait, écrivait au Préfet de police : "...Il est également possible que le fait de recevoir des sommes assez importantes de divers pays d’Amérique, soit interprêté d’une manière erronée ; en effet, en dehors de mes honoraires, assez respectables il est vrai, que je reçois pour les nombreux articles et reportages que je fais passer dans la presse américaine, mes articles provoquent des souscriptions en faveur des victimes de la guerre en Espagne. C’est pourquoi, très fréquemment, le produit de ces souscriptions m’est adressé pour être remis et distribué parmi les organisations de secours aux enfants, orphelins, etc...Je m’en acquitte au mieux et parfois, je verse également à l’Ambassade d’Espagne certaines sommes destinées à secourir les victimes dans des régions où j’ai personnellement moins de relations ; je tiens d’ailleurs à votre disposition les reçus de l’Amabassade d’Espagne relatifs à ces versements"(lettre de N. Galve, 1er janvier 1938). le 18 mars 1938 il faisait l’objet d’un arrêté d’expulsion au titre "d’anarchiste dangereux". Suite à l’intervention de la Ligue des droits de l’homme et de diverses personnalités dont L. Jouhaux, secrétaire de la CGT, il bénéficiait d’un sursis jusqu’au moins fin avril, mais, selon la police, aurait quitté Paris dès le 4 avril. Après son expulsion de France N. Galve regagnait Barcelone et était remplacé comme délégué de la CNT-FAI en France par Manuel Mascarell et Facundo Roca.

Puis Galve, au bout de quelques mois, était envoyé en Amérique par l’organisation pour y effectuer une tournée de propagande avec Felix Marti Ibañez et récolter des fonds au nom de la SIA. Revenu en France il aurait remis 5.000 dollars (190.000 fr), produit de la tournée en Amérique à Germinal Esgleas du Conseil général du Mouvement Libertaire Espagnol. En mai 1940, il semble avoir été en France où il vendait l’une des deux voitures - –une Lasalle—appartenant au mouvement libertaire.
Pendant la seconde guerre mondiale il résidait à Bruxelles avec M. Mascarell et travaillait comme expert en mécanique.

A l’occasion du premier congrès tenu à Paris en mai 1945 par le MLE en exil, une Commision avait été nommée pour enquêter sur les activités pendant la guerre de certains membres de l’organisation (résistance, collaboration avec les services secrets alliés, etc..) et afin de récupérer les biens de l’organisation dont étaient dépositaires certains compagnons. Lors des travaux de cette commission dont étaient membres Angel Aransaez, Antonio Zamorano, V. Gutiérrez et José Teixidor, la Fédération locale de Bruxelles accusait Galve, devenu propriétaire d’un petit commerce de mécanique, d’avoir refusé de rendre compte de sa situation matérielle, d’avoir laissé sans moyens les quelques camarades restés à Bruxelles et d’avoir participé « à l’œuvre de bienfaisance Beneficiencia Española, patronée par les autorités franquistes » (lettre de la FL de Bruxelles, le 19 avril 1945). Galve expliquait dans une lettre au Comité National que les fonds recueillis aux Etats-Unis lors de sa tournée avaient été remis au Conseil général du MLE et que seuls 150.000 francs appartenant à l’organisation, restaient à sa disposition, mais étaient bloqués par les banques belges, mais qu’il était prêt à rembourser. Après avoir été interrogé à Bruxelles par la Commission, avoir justifié son action et restitué une partie de la somme - à l’occasion du congrès 10.000 fr. et 5.000 fr. avaient été respectivement remis à la FL- de Bruxelles par Galve et Mascarell - , N. Galve a été convoqué en France pour s’expliquer devant le Comité national.

Nous ne savons pas ce qu’il est advenu ensuite de Galve, la publication des travaux de la commission ayant été reportée au premier congrés devant se tenir « légalement » en Espagne.


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