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Dictionnaire international des militants anarchistes
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GAGGI, Otello
Né à San Giovanni Valdarno le 6 mai 1896 - mort au goulag le 31 mai 1945 - Ouvrier soudeur - Ancone - Moscou
Article mis en ligne le 20 juin 2007
Dernière modification le 24 juin 2018

par R.D.
Otello Gaggi (carte postale, 1919)

Né dans le bassin minier du Val d’Arno et rtrès tôt orphelin de mère, Otello Gaggi participait dès le début de la première guerre mondiale aux actions antimilitaristes du Comité en faveur de Masetti. Mobilisé en décembre 1915 il désertait une première fois et était condamné à deux ans de prison et renvoyé au front. Il désertait (plusieurs fois) et refusait d’obéir et était condamné à un total de douze années d’emprisonnement puis finalement exclu de l’armée en août 1917.

Amnistié en 1919, il rentrait à San Giovanni où il participait à de nombreux affrontements avec les fascistes. Le 23 mars 1921 il fit partie d’un groupe qui se battait à Castelnuovo dei Sabioni avec un groupe de fascistes en blessant neuf et tuant l’un d’entre eux. Cette action provoquera une insurrection des mineurs de la région à laquelle participera Gaggi et dans laquelle sera tué un ingénieur. Gaggi était inculpé de cet homicide et d’incendie volontaire, et pousuivi devant la cour d’assises d’Arezzo avec 75 autres antifascistes. Il sera condamné le 14 juillet 1923 à trente ans de réclusion et à une lourde amende.

Entre temps, toutefois, Otello Gaggi était parvenu à s’échapper lors d’une évasion de masse en juin 1921. I parvenait à s’embarquer sur un bateau soviétique et gagnait l’URSS où dès novembre 1922 il était arrêté à Baku pour motifs politiques et condamné à trois ans de prison. Après sa libération il s’installait avec sa compagne et leur fille à Novorossijk puis vers 1928 à Moscou où se trouvaient cent à deux cents réfugiés politiques italiens majoritairement communistes. Il fréquentait le Club international mais était étroitement surveillé par la NKVD. Se trouvant dans une situation économique désespérée il contactait l’ambassade italienne dans l’espoir d’être rapatrié et tentait à la même époque de fuir vers la Chine. En 1932 il avait trouvé un petit emploi à l’Hotel Lux et participait en janvier 1933 à une réunion au club international de militants italiens où il affirmait son désir d’espérer pouvoir être rapatrié en Italie et ne désirait pas prendre la nationalité soviétique comme le suggéraient certains. Cette position lui vaudra d’être dénoncé par un autre militant italien au responsable communiste Luigi Longo. Puis sa compagne décédait le laissant seul avec sa fille. Il trouvait alors une compagne russe,Tamara, qui était en fait, semble-t-il, un agent du GPU.

Otello Gaggi était arrêté à Moscou le 4 janvier 1934 avec plusieurs autres militants italiens. Après avoir été interogé et torturé par la GPU, il « avouait » être membre d’un groupe « contre révolutionnaire trotskiste » et était condamné le 2 janvier 1935 à trois ans de déportation en Sibérie où il était transféré à Iarensk où il allait travailler dans une mine. A l’été 1935 le Comité international contre la répression anti prolétarienne en Russie, qui siégeait à Bruxelles, menait une campagne pour sa libération et celle d’autres militants déportés (Calligaris, Sandomirski, Askarov, Andreiev, etc). Le 15 août 1936, depuis son isolateur en Sibérie, il adressait une lettre à la section italienne de la III° Internationale où il demandait qu’on le laisse partir combattre en Espagne. Il était alors transféré à Semipalatinsk au Kazakistan où lui était supprimé l’allocation mensuelle de 50 roubles à laquelle avaient droits les déportés et où à partir de novembre 1936 on cessait d’avoir toute nouvelle. Les colis de vêtements qui lui avaient été envoyés de l’étranger étaient systématiquement retournés aux expéditeurs et les autorités lui confisquaient ses livres et notamment les œuvres de Malatesta.

Otello Gaggi est mort au goulag le 31 mai 1945.

En 1944 –alors que Gaggi était encore vivant – le dirigeant et ministre communiste Togliatti n’avait pas répondu à une lettre de Victor Serge lui demandant d’intervenir.


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