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Dictionnaire international des militants anarchistes
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Né en 1908 (ou 1909)
DUBOIS, Gilles
Cheminot - Saint Malo & Rennes (Ille et Vilaine) – Paris
Article mis en ligne le 15 mars 2007

par R.D.
Gilles Dubois (1942)

Gilles Dubois avait été placé à l’âge de 15ans et demi à l’Ecole des mousses de Brest par son père, malade des suites de la guerre de 1914 et soucieux d’assurer un avenir à son fils. Son père signait ensuite pour lui, en octobre 1929, un engagement de cinq ans dans la marine. Se révélant d’un tempérament incompatible avec la discipline militaire et après plusieurs avatars, Gilles Dubois passait devant un conseil de discipline maritime qui résiliait son engagement. Rendu à la vie civile il devenait alors libertaire.

Lors de la déclaration de guerre, il ne répondait pas à l’ordre de mobilisation et s’embarquait clandestinement sur un bateau à destination de Montevideo. Malheureusement le bateau était détourné sur Rotterdam où G. Dubois, sans ressources, était arrêté et rapatrié en France. Interné à la prison de Loos-lès-Lille (Nord), il était traduit en février 1940 devant un tribunal militaire où il déclarait « refuser de prendre part à une guerre qui m’aurait obligé à verser le sang de mes semblables » et était condamné à trois ans de prison pour « insoumission par oblection de conscience ». Incarcéré d’abord à la Santé, puis à Fresnes, il était ensuite transféré à la prison de Clairvaux où il retrouvait une soixantaine d’autres camarades dont Pierre Martin, Jean Mayoux, Gaston Leval et André Le Marc. Lors d’un bombardement de la prison le 6 juin 1940, G. Dubois était blessé et évacué dans un hôpital de la région. Guéri au bout de deux mois et demi, et ayant entendu que la prison était désaffectée et qu’il pouvait y retourner chercher ses papiers, il se présentait à la Maison d’arrêt où il était immédiatement arrêté et réincarcéré comme une cinquantaine d’autres prisonniers dont P. Martin. Bénéficiant d’une remise de peine pour « détention cellulaire », il était remis en liberté le 5 avril 1942, ; il ne pesait plus alors que 45 kg. Puis il entrait à la SNCF : « … Le 27 avril, j’entrais à la SNCF de Saint-Malo, grace à un ingénieur traction qui approuvait mon attitude…J’y remplis les fonctions de chauffeur de locomotive jusuq’au mois de novembre. Le 1er novembre je fus expédié en Allemagne au titre du STO malgré mes protestations et celles de mes camarades ».

G. Dubois parvenait à revenir en mai 1943 et après un circuit dans la campagne bretonne, trouvait un travail à la cantine de la gare de Rennes dont le gérant était Droinneau, ancien président de la Libre Pensée : « …A la cantine, je voyais beaucoup de monde et surtout des gars qui auraient dû être en Allemagne et n’avaient pas de tickets d’alimentation et pas de papiers. Je pris contact avec un imprimeur que je connaissais et lui demandais s’il pouvait me procurer des fausses cartes d’identité. La réponse fut affirmative et il me dit même ‘avec le timbre du commissariat’. Cet imprimeur était le directeur d’une imprimerie coopérative et s’appelait Commeurec. C’est grace à un inspecteur de police que les cartes étaient légalisées. De plus parmi mes fonctions à la cantine, j’étais chargé de dégermer les pommes de terre. Or dans le local où étaient entrposées les patates, il y avaient tous les dossiers des cheminots révoqués, et, sur leurs cartes d’identité il y avait un Ausweiss que je détachais et donnais aux copains en même temps que leur fausse carte ». G. Dubois poursuivra cette activité jusqu’en décembre 1943, où suite à une dénonciation, l’inspecteur de police et l’imprimeur Commeurec étaient arrêtés puis déportés en Allemagne dont ils ne devaient jamais revenir. G. Dubois restait encore quelques mois à la cantine, puis « …la milice devenat de plus en plus curieuse, je partis rejoindre Joseph Briand, les frères Le Marc, et un vieil anar, Henri Boivin, dans la forêt de Rennes ».

Après le débarquement et la libération, G. Dubois partait alors pour la région parisienne, où, après avoir bénéficié de l’amnistie promulguée par De Gaulle en faveur du leader communiste Maurice Thorez, il réintégrait la SNCF où il allait faire toute sa carrière.

Dans les années 1980 G. Dubois vivait près de Rennes.


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