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GONZALEZ MORAGO, Tomas « MENDOZA »
Né dans la province de Madrid – mort en prison le 26 août 1885 - Graveur – AIDS – AIT – FRE – Madrid (Nouvelle Castille) – Lisbonne (Portugal) –
Article mis en ligne le 3 juillet 2011
Dernière modification le 22 septembre 2018

par R.D.

Né à une date inconnue dans un village de la province de Madrid, Tomas Gonzalez Morago avait un atelier de gravure, rue de Gracia à Madrid, qui servit souvent de lieu de réunions.

En 1865 il était l’un des responsables de l’Ateneo artistico Martritense (ou Casino) et en 1868 adhéra au républicanisme individualiste dans le bataillon de Garcia lopez. Il était également membre de l’orféon du Fomento de los artes auquel appartenait un autre Tomas Gonzalez ; pour ne pas être confondu avec ce dernier, Tomas Gonzalez Morago renonça à son patronyme de Gonzalez et se fit appeler Morago, nom sous lequel il est connu dans l’histoire de l’Internationale.

Fin 1869 il intervenait dans un meeting républicain et, après que des contacts aient été établis avec l’AIT, il fut à l’origine du rapprochement de nombreux compagnons – dont Cano et Anselmo Lorenzo – avec l’Internationale. Il avait été le 24 janvier 1869 l’organisateur de la réunion où le compagnon italien G. Fanelli exposa les nouvelles doctrines et réunion à laquelle il ne participa pas, sans doute par négligence bien que ce fut lui qui recruta les premiers membres de l’Intenationale dont il allait devenir membre de la première commission de propagande du noyau madrilène. Membre de l’AIDS depuis novembre 1869 et entretenant une correspondance avec Bakounine, il allait dans la décade des années 1870 faire un énorme travail de propagande, se révélant comme un orateur de talent et un génial organisateur.

Le 24 décembre 1869 il rédigea le premier manifeste internationaliste de la section de Madrid et l’année suivante, du 18 au 26 juin 1870, participa à Barcelone au premier congrès des sections espagnoles, présidé par le réfugié français Bastelica, auquel participèrent 85 délégués qui fondèrent la Fédération espagnole et où il fut nommé au Conseil fédéral de la Fédération régionale espagnole (FRE) aux cotés du charpentier Angel Mora, du tailleur Enrique Borel, du typographe Anselmo Lorenzo et du cordonnier Francisco Mora. Il intervint dans de nombreux meetings à Madrid, Barcelone et Malaga notamment et collabora au journal Solidaridad (Madrid, 15 janvier 1870- 21 janvier 1871, 49 numéros) fondé par Anselmo Lorenzo et organe hebdomadaire de la section madrilène de l’AIT.

En juin 1871, pour échapper aux persécutions dont étaient l’objet les internationalistes, il partait pour Lisbonne avec A. Lorenzo et Francisco Mora Mendez, et après le départ en août de ces derniers pour assiter à la conférence clandestine tenue par la FRE à Valence en septembre, Gonzalez Morago, qui avait démissionné du Conseil fédéral restait dans la capitale portugaise où il aidait Quental et Fontana à fonder la section portugaise de l’Internationale.

Du 4 au 11 avril 1872 il participait au 2ème congrès de la FRE tenu à Saragosse où il était le délégué de Jerez, Constantina et El Arahal et où il dénonça très durement l’autoritarisme des statuts de l’AIT et la tendance marxiste et où il fit une proposition de réorganisation de la Fédération donnat une plus grande autonomie aux sections, proposition qui ne fut pas acceptée.

Elu par referendum pour assiter au congrès de l’AIT tenu à La Haye début septembre 1872 il s’y opposa aux manœuvre marxistes contre les partisans de Bakounine et y défendit avec la minorité l’autonomie des sections de l’Internationale. Après l’exclusion votée au congrès de Bakounine, J. Guillaume et A. Schwitzguébel, marquant la rupture consommée entre marxistes et anti-aurotitaires, il participa le 15 septembre au congrès anti autoritaire de Saint Imier dont ensuite il défendit les accords lors du 3ème congrès de la FRE tenu à Cordoba en décembre 1872 où il était le délégué d’Alcoy. Le congrès auquel participèrent 48 délégués et qui fut présidé par Gonzalez Morago, approuva à l’unanimité, moins une voix, le pacte de solidarité et de défense mutuelle proposé à Saint Imier. Il ne cessa plus dès los de combattre les marxistes et les républicains au sein de l’Internationale.

Début 1872 il avait fondé l’hebdomadiare El Condenado (Madrid, 21 janvier 1872 à 2 janvier 1873, 36 numéros et un supplément, puis 31 numéros de mars 1873 au 9 janvier 1874) organe de la tendance anti-aurotitaire de l’Internationale. Puis, avec J. Serrano Oteiza, il édita clandestinement le journal El Orden (Madrid, 1875-1878, 65 numéros). Il serait l’auteur avec Tomas d’un Manifeste paru en mars-avril 1874. En septembre 1877 il fut délégué au congrès de Verviers, le dernier de l’AIT.

Après avoir dénoncé la déviation marxiste de la fédération madrilène, il en fut exclu en décembre 1883 « pour conduite immorale et contraire à l’organisation ». Il travaillait à cette époque comme typographe à l’Imprimerie officielle et avait sans doute participé à la fabrication de fausse monnaie pour financer les activités de l’organisation, ce qui lui valut d’être emprisonné à Madrid où il fut abandonné par le Conseil fédéral et certains des membres qui connaissaient ses activités. Transféré à la prison de Grenade, où il put compter sur la solidarité des compagnons, il y décéda de choléra le 26 août 1885.

Moins connu que certains autres Internationalistes, Tomas Gonzalez Morago fut sans doute le véritable organisateur du triomphe des idées de Bakounine dans la péninsule ibérique.


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