Dictionnaire international des militants anarchistes
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RODENAS RODRIGUEZ, Libertad “Libe”
Née à Chera (Valence) le 23 septembre 1891 (ou 1892 ?) – morte le 19 janvier 1970 - modiste - MLE – ML – SIA - CNT - Barcelone (Catalogne) - Saint-Domingue – Mexico
Article mis en ligne le 21 mai 2009
dernière modification le 22 février 2024

par R.D.
Libertad Rodenas Rodriguez

Libertad Rodenas Rodriguez était la sœur aînée de Progreso et Volney. Elevée dans une famille républicaine et laïque, elle s’initia très tôt aux revendications ouvrières et aux réunions et conférences. Elle devint petit à petit une oratrice de talent et à partir de 1915-1916, ne cessa plus d’intervenir dans des réunions publiques.

Émigrée avec toute la famile à Barcelone vers 1918, elle participa à la grande tournée de propagande en Catalogne, décidée lors du congrès régional de la CNT à Sans, et contribua fortement à la divulgation des accords du congrès et à la popularisation des structures du syndicat unique. Elle participa à la plupart des grands meetings de l’époque aux cotés de Salvador Segui, F. Barjau, Angel Pestaña et José Viadiu dont elle deviendra la compagne.

Dans les années 1920, comme ses frères Volney et Progreso, elle appartint aux groupes de défense et échappa le 24 avril 1920 à une arrestation. Elle sera toutefois arrêtée à plusieurs reprises pendant la dictature d’Arlegui et de Martinez Anido ; le 22 mars 1921, protégée par des militants des groupes de défense, elle intervint dans une réunion de l’Association professionnelle des banques, où elle accusa le représentant du syndicat libre, d’être un assassin. Arrêrée vers décembre 1921 et interrogée par Arlegui, elle le traita à son tour d’assassin, ce qui, paradoxalement lui sauva peut être la vie ainsi que celle de son frère Progreso.

Après l’assassinat en octobre 1922 du militant Amalio Cerdeño Alcano par la police, elle fut envoyée à Madrid avec Rosario Dulcet pour y dénoncer à l’Ateneo Cientifico les sévices d’Arlegui et d’Anido et la terreur régnant à Barcelone. Sous le gouvernement de Dato, la plus grande partie des 25 compagnons évadés de la prison de Tarrasa, se réfugieront chez elle. Puis elle se consacra à l’éducation de ses trois enfants et cessa tout activisme jusqu’en 1930 où elle reprit ses interventions d’oratrice dans de nombreux meetings.

Libertad Rodenas qui fut la muse poétique d’Elias Garcia et qu’Angel Samblancat appelait « palida vestal del sindicalismo rojo » eut un rôle déterminant dans la syndicalisation des femmes à la CNT.

Pendant la guerre et la révolution elle suivit la Colonne Durruti en Aragon, milita au groupe Mujeres Libres et à la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) où elle s’occcupa plus particulièrement des enfants évacués de Madrid. Dèbut 1937 elle fit partie du groupe de Mujeres Libres qui demanda son adhésion à la Fédération anarchiste Ibérique (FAI).

Passée en France lors de la retirada, elle partit pour Bordeaux où avec J. Viadiu, la famille Carbo et José Peirats elle s’embarqua pour Saint-Domingue où le groupe fonda une collectivité agricole. Après avoir failli mourir des suites d’une morsure d’araignée (ou de paludisme ?), le couple, après un bref séjour à La Havane, s’installa en 1941 à Mexico où tous deux continuèrent de militer dans la CNT en exil.

Libertad Rodenas, qui avait collaboré pendant la guerre au journal Mujeres Libres, est décédée à Mexico le 19 janvier 1970.


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