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LOZANO, Manuel [Manuel PINTO QUEIROZ RUIZ]
Né à Jerez de la Frontera le 14 avril 1916 – mort le 23 février 2000 - Ouvrier agricole - FIJL - MLE – CNT – Jerez (Andalousie) – Paris
Article mis en ligne le 14 mai 2008
Dernière modification le 9 novembre 2016

par R.D.
Manuel Lozano devant l’Hôtel-de-Ville de Paris (août 1944)

Fils d’un ouvrier coiffeur, Manuel Lozano - dont le véritable nom était Manuel Pinto Queiroz Ruiz - , suite au décès de sa mère, avait commencé à travailler très jeune dans une distillerie et comme ouvrier agricole dans les vignes de Jerez. C’est en 1932 qu’il avait adhéré à la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires (FIJL) et à la CNT locale où il apprit à lire et écrire. A l’été 1936, après la chute de Jerez aux mains des franquistes, il parvenait à gagner la zone républicaine et s’engageait dans les milices avec lesquelles il allait combattre sur les divers fronts de Malaga, Grenade, Marbella, Murcie et à la fin de la guerre Alicante.

Le 28 mars 1939 il parvenait à s’embarquer sur un bateau de pêche (La Joven Maria) qui gagnait Oran où il était aussitôt arrêté par la police française comme des milliers d’autres réfugiés. Il fut ensuite interné dans cinq camps en Algérie, dont celui de Colomb Béchar, et au Maroc jusqu’au débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942. M. Lozano s’engagea alors dans les Corps Francs d’Afrique de la 2è Division Blindée du Général Leclerc avec lesquels il participa notamment à la prise de Bizerte (Tunisie) en avril 1943. En mai 1944 il fut transféré en Angleterre pour s’intégrer à la 9è Compagnie de la 2è DB afin de participer à la bataille de Normandie et la campagne de France. La 9è Compagnie du 3è Régiment était pratiquement entièrement formée de républicains espagnols, la plupart militants de la CNT, était surnommée « la nueve » et beaucoup de ses chars et halftracks portaient des noms espagnols : Madrid, Ebro, Guadalajara, Casas Viejas, etc. Le soir du 24 août 1944 Manuel Lozano fit partie de la première unité de la 2èDB entrant dans Paris insurgé et arrivant à l’Hôtel de Ville. Dans les jours qui suivirent il participa aux combats pour réduire les poches allemandes de résistance. Le 26 août son halftrack accompagnait le Général De Gaulle lors de la descente des Champs Elysées. M. Lozano poursuivit ensuite la guerre avec la 2è DB : prise de Strasbourg (septembre 1944), puis en Allemagne, libération du camp de concentration de Dachau et prise du « nid d’aigles » de Hitler à Bertchesgaden (5 août 1945).

Campagne d’Allemagne : A. Martinez, Herrero & M. Lozano

Décoré de la Croix de Guerre pour la Campagne de France, M. Lozano, qui avait cru comme beaucoup de compagnons espagnols que la libération de la France aurait été suivie de celle de l’Espagne, expliquait ainsi son engagement : « Nous nous étions engagés dans la Division Leclerc car nous pensions qu’après la France, nous irions libérer l’Espagne. Dans ma compagnie, la Nueve, tout le monde était prêt à déserter avec tourt le matériel. Campos, le chef de la 3è section , prit contact avec les guérilleros espagnols de l’Union nationale qui combattaient dans les Pyrénées. Mais l’Union nationale était noyautée par les communistes et nous avons du renoncer…Si les communistes n’avaient pas été prédominants, alors nous aurions embarqué toute la compagnie, et non seulement la compagnie, mais tous les autres bataillons où il y avait des Espagnols. Nous avions tout étudié. Avec les camions chargés de matériel, d’essence, nous serions allés jusqu’à Barcelone. Alors, qui sait, si l’histoire de l’Espagne n’aurait pas été changée… » (cf. Témoignage Chrétien).

Après sa démobilisation, M. Lozano s’intégra à Paris - où il demeurait à Ménilmontant - à la CNT en exil à laquelle il resta fidèle jusqu’à son décès survenu le 23 février 2000. M. Lozano a été enterré au cimetière de Pantin le 1er mars.

Peu avant son décès, les anciens de la 2ème DB, en 1999, lui avaient obtenu par l’intermédiaire de la Mairie de Paris, une place dans un centre pour retraités du XIXème arrondissement dont il se sauva à deux reprises, ne supportant pas d’avouir été éloigné de son environnement familier et voulant regagner son "Ménimulche".

Le 22 mars 2015, une plaque en hommage à Manuel Lozano a été apposée au cimetière de Pantin par la CNT, l’association Les Pas sages des Vignoles et l’association 24 août 1944.

M. Lozano a colaboré à plusieurs titres de la presse libertaire dont Anarkia (Alcala, 1984) , CNT (Madrid), Siembra (Alicante, 1991-1999), Tierra y Libertad (Mexico). Grand amateur de poésie, il fut l’éditeur de la revue poétique Rafagas (paris, 1986) et publia de nombreux recueils de poèmes.

Œuvres : - Andalucia sin fronteras(Paris, s.d.) ; - Aires andaluces (paris 1987) ; - Aores libertarias (Paris, 1986) ; - Eco anarquico (Paris) ; - Estampa andaluza (1991) ; - Jerez sin frontera (Paris) ; - Pendamiento poetico (Choisy 1988) ; - Prosa poetica : rafagas (Paris, 1987) ; - Eco Jerezano (1988).


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