Jean Benoit, qu’Antignac appelait « mon aminche Benoit », militait à la fin des années 1880 au groupe de Bordeaux où il intervenait activement lors des réunions publiques. Il demeurait 2 rue Edmond-Rostand.
Manœuvre sur les quais puis employé, vers 1900, comme menuisier, quai Deschamps, à Bordeaux (Gironde) Jean Benoît qui était un orateur d’une grande éloquence, avait été le gérant du journal Le Forçat du travail (Bordeaux, nº 1, 19 septembre 1885 à nº 17, 1er juin 1886) dont Luquet était l’administrateur. Fin 1891, il avait été candidat abstentionniste et, sous sa signature, le journal avait publié un manifeste appelant à l’abstention et à la révolution (voir Portfolio).
Fin avril 1892, comme plusieurs autres militants — dont Antignac, Lapeyre, Bach — il avait été l’objet d’une perquisition et d’une arrestation préventivement à la Manifestation du 1er mai. La police ne l’ayant pas trouvé à son domicile, il avait été arrêté sur le chantier de bois où il travaillait. Il fut poursuivi pour « association de malfaiteurs » aux cotés d’Antignac, Bach, Lapeyre, Jean Benoit, Mallevialle (pi Malaviolle), Léon Mathieu, Dupla et S. Palange. Tous bénéficièrent d’un non-lieu le 27 aout suivant.
Le 10 décembre 1893, suite à l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés, il fut comme Antignac, Lapeyre, Boutin, Barreau et Dutou, l’objet d’une perquisition qui ne donna aucun résiltat. Le 1er janvier 1894, comme plusieurs militants à Bordeaux, son domicile rue Edmond-Gisant fit l’objet d’une nouvelle perquisition qui se révéla infructueuse. Il demeurait alors 15 Quai de Gueyries et son nom figurait sur un carnet d’adresses de S. Faure saisi à Marseille lors d’une perquisition.
Il était toujours membre du groupe de Bordeaux en 1900 et il fut, semble-t-il, le correspondant à Bordeaux de la nouvelle série de L’Homme libre (Paris, 1903-1904) publié par Ernest Girault.
Un article, signé S.F. (sans doute Sébastien Faure), annonçant son décès et paru dans le journal CQFD du 30 décembre 1916, disait de lui : « C’est, je crois, le premier anarchiste qu’il m’ait été donné d’entendre et il est un de ceux qui m’ont ouvert la voie qui conduit à l’anarchisme ».
Dictionnaire international des militant·e·s anarchistes (DIMA)
