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Dictionnaire international des militants anarchistes
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GILIOLI, Rivoluzio
Né à Rovereto di Nova (Modena) le 21 juin 1903 - mort le 21 juin 1937 - Ouvrier du bâtiment - FCA – UAI - Modenna – Lens (Nord) – Paris – (Aragon)
Article mis en ligne le 31 juillet 2007
Dernière modification le 24 avril 2020

par R.D.
Rivoluzio Gilioli

Rivoluzio était l’un des neuf enfants du militant libertaire Onofrio Gilioli et allait être dès son adolescence un des militants les plus actifs de la région de Modène. En 1919, à l’âge de 16 ans, il était nommé secrétaire des Jeunesses anarchistes communistes de Modène et assurait la comptabilité de la bourse du travail. Il était alors l’un des animateurs du groupe Bruno Filippi qui venait de se constituer à Modène. Il participait à de très nombreuses réunions et conférences dans toute la région pour développer les groupes de jeunesses et la Fédération Communiste Anarchiste (FCA) qui de 23 groupes et 600 adhérents en février 1920, passait en août à 40 groupes et 1.200 adhérents auxquels il faut ajouter une dizaine de groupes non adhérents à la Fédération. Parallèlement il participait à l’extension de l’organisation syndicale sutout chez les journaliers, les maçons et les mécaniciens. En décembre 1919 à Parme, il avait également participé comme délégué au congrès de fondation de l’Union de la jeunesses révolutionnaire italienne. Après la manifestation du 7 avril 1920 où la police avait ouvert le feu et tué cinq ouvriers, il était impliqué dans un vol d’armes dans une caserne de Modène mais échappait avec Egisto Colli à la rafle de 26 militants anarchistes et deux socialistes révolutionnaires qui avaient été dénoncés.

Réfugié à Bologne, il décidait alors en mai 1920 d’émigrer clandestinement en France d’abord à Paris puis à Lens (Nord). Puis l’année suivante tandis que toute la famille s’installait à Fontenay-sous-Bois, il partait pour la Belgique avec sa compagne Marie Lucie Lequet (née à Amiens le 24 mai 1881) puis venait s’installer à Paris, 9 rue Perchamps dans le 16è arrondissement. En 1925 il était membre du Comité de défense des libertaires italiens Mario Castagna et Ernesto Bonomini condamnés pour le meurtre de deux fascistes en France et participait activement à l’agitation en faveur de Sacco et Vanzetti. En 1928 il partait travailler dans les Pyrénées Orientales sur un chantier de construction de la voie ferrée Paris-Toulouse-Barcelone où il allait rencontrer de nombreux compagnons espagnols et commencer à s’intéresser aux problêmes de la péninsule ibérique (cf. l’article « Confronti e speranze » in Guerra di Classe, août 1931) et accompagnera à Barcelone sa sœur Siberia et Renzo Cavani à la recherche d’un lieu d’asile plus sûr que la France où Cavani vivait clandestinement.

Revenu à Paris il continuait son militantisme et était en 1932 l’un des promotteurs avec Camilo Berneri et Antonio Cieri de Umanita Nova (Puteaux, n°1, octobre 1932) qui sera interdit par les autorités en janvier 1933 (n°6) et remplacé par La Protesta (Puteaux, 3 numéros, 20 février à 28 mars 1933) dont Rivoluzio sera membre de la rédaction et qui sera à son tour interdit. Constemment signalé comme anarchiste dangereux par les autorités fascistes italiennes et menacé d’expulsion, il participait à la grève générale antifasciste du 12 février 1934. Le 2 janvier 1935 il était l’objet d’un arrêté d’expulsion, mais grâce à l’appui de socialistes français obtenait des sursis trimestriels renouvelables. Les 1-2 novembre 1935 il participait au Congrès anarchiste italien de Sartrouville où était fondé le Comite Anarchico d’Azione Rivoluzionaria et prenait part à toutes les manofestations en faveur du droit d’asile. En juin 1936 il était l’auteur avec Virgilio Gozzoli et Ernesto Bonomini d’un manifeste contre la guerre en Ethiopie qui sera amendé par Sébastien Faure et publié dans de nombreux journaux tant italiens que français.

Les 20 et 21 juin 1936 il avait participé avec notamment Alfredo Perissino, C. Berneri, T. Rasi, Umberto Marzocchi et R. Gunscher à la conférence internationale pour le droit d’asile où les délégués des organisations d’exilés et notamment les libertaires n’avaient que le statut d’observateurs sans possibilité d’intervenir dans les débats ; pour répondre à cette conférence ces organisations organisèrent le 26 juin un meeting salle Lancry présidé par Albert Cané, secrétaire du comité CGT pour le droit d’asile et présidé par Sébastien Faure.

Rivoluzio Gilioli en Espagne

Dès le début de la guerre civile espagnole, il allait s’occuper avec Cieri à Paris des départs de volontaires. En juillet 1936 il effectuait une mission à la frontière franco-belge avec Umberto Marzocchi où avec l’aide de Hoche Meurant à Wattrelos et de Mario Mantovani à Bruxelles, il récupèrait des armes pour l’Espagne. Ces armes seront acheminées à Toulouse chez Tricheux, puis passées en Espagne. Il participait en septembre avec Cieri à la réunion de tous les groupes antifascistes italiens à Paris, où était décidée la formation de la brigade intenationale Garibaldi subordonnée au Parti communiste, ce qui avait entrainé les protestations des délégués du mouvement libertaire et de ceux du mouvement Giustizia e Liberta. Il partait début décembre 1936 pour l’Espagne comme milicien dans la section italienne de la Colonne Ascaso. Nommé au grade de capitaine, il effectuait de nombreux travaux de génie militaire et civils au service des collectivités sur le front d’Aragon. Après les évènements de mai 1937 et l’assassinat de Berneri par les staliniens, il décidait de rester combattre en Espagne où, après la militarisation il avait été nommé commandant de la compagnie du Génie de la 28è Division. Le 16 juin 1937, alors qu’il effectuait une inspection à Terraza Carrascal, sur le front de Huesca, il était grèvement blessé et décédait le 21 juin à l’hôpital de Barcelone. Rivoluzio Gilioli a été enterré au cimetière de Montjuich.


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