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Dictionnaire international des militants anarchistes
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PONCHET
Ouvrier menuisier - Paris
Article mis en ligne le 12 novembre 2017
Dernière modification le 28 novembre 2017

par Guillaume Davranche, R.D.

En 1885 le journaliste du Figaro Charles Chincholle voyait dans Ponchet, militant de la chambre syndicale des menuisiers de la Seine, « une des célébrités anarchistes ».

Durant l’année 1884, il fut un des principaux protagonistes de l’agitation parmi les chômeurs. Le 23 novembre 1884, il prononça un discours très violent au grand meeting des ouvriers sans travail à la salle Lévis, dont la sortie se transforma en émeute (voir Pierre Naudet).

Le dimanche 7 décembre 1884 il participa à un nouveau meeting des ouvriers sans ouvrage, salle Favié, avec Gustave Leboucher, Joseph Tortelier, Émile Digeon, Chabert et Daumast. Anarchistes et blanquistes se disputant la primauté dans la salle, il mit aux voix un ordre du jour plus radical que celui soumis par Édouard Vaillant, et emporta le vote.

Les 22 et 23 janvier 1885, Ponchet comparut, avec d’autres (voir Pierre Naudet), devant les assises de la Seine pour son discours du 23 novembre à la salle Lévis. Il fut condamné à deux mois de prison et à 100 francs d’amende.

Le 16 février 1885 les anarchistes participèrent à l’immense cortège qui suivit le cercueil de Jules Vallès. La veille, dans un meeting révolutionnaire à sa mémoire, Ponchet avait prononcé un discours aux côtés des blanquistes Vaillant et Eudes à la salle Graffart.

A l’automne 1885 il était signalé dans des réunions de la Jeunesse anarchiste du XVème (ancien groupe Les Misérables). Le 13 novembre lors de l’une de ces réunions, il avait déclaré qu s’il s’était laissé porter candidat lors des élections c’est qu’il pensait que "l’union se ferait entre socialistes et que l’on arriverait à faire élire de vrais révolutionnaires, ce qui eut permis à ces derniers de prêcher la révolution sans la crainte d’être poursuivis". Toutefois il avait précisé que jamais un parlement, fut-il composé de révolutionnaires, ne pourrait accomplir une révolution économique et qu’il serait naïf de croire "que les capitalistes se laisseraient dépouiller autrement que par la force".

Le 30 octobre 1887, il intervenait encore dans un meeting contre la guerre, à Paris 12e, au côté de Louise Michel et de divers orateurs socialistes.

Début août 1888, aux cotés notamment de Tortelier, il défendait le concept de « grève gérale » et tentait d’étendre et de rallier la corporation des menuisiers à la grève menée depuis la mi juillet par les ouvriers terrassiers. Toutefois, le 15 août, lors de la troisième réunion tenue salle du concert des Porcherons, avenue de Saint Ouen, pour mettre en grève la corporation, il lui fut violemment reproché par une partie des 250 personnes présentes de ne pas prêcher l’exemple et de continuer à travailler. Ponchet s’était alors excusé, expliquant qu’il avait fait une longue maladie et que s’il travaillait c’était parceque sa femme et ses enfants se trouvaient dans le plus complet dénuement. Ces explications n’avaient pas satisfait l’auditoire et notamment Tortelier qui s’acharna sur lui et lui fit promettre "de déposer ses outils dès le lendemain matin".

A la mi novembre 1888, lors d’une réunion du comté de vigilance des conseillers prud’hommes des ouvriers du bâtiment, il avait été l’objet d’un blâme pour ne pas avoir démissionné après le décret de déchéance pris par le gouvernement contre les conseillers prud’hommes qui avaient été les animateurs de la longue grève des ouvriers terrassiers.

Y a-t-il identité avec le Ponchet, menuisier socialiste, qui, à partir de 1886, fut régulièrement candidat à Paris 11e ?


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