Dictionnaire international des militants anarchistes
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BOUISSON, Louis, Ulysse

Né le 6 juillet 1848 à Capestang (Hérault) — Marseille (Bouches-du-Rhône) — Paris
Article mis en ligne le 8 novembre 2017
dernière modification le 12 juillet 2024

par Guillaume Davranche, R.D.

Louis Bouisson (parfois orthographié Buisson) vint habiter Marseille en 1869. Il se présentait alors comme journaliste et représentant de commerce, mais les rapports de police disent qu’il passait le plus clair de son temps dans la fréquentation des milieux interlopes. Il fréquentait aussi le Cercle de l’Indépendance, et était décrit comme « exalté et intelligent qui déjà préconisait les idées anarchistes ».

Il quitta Marseille en 1879 pour aller à Paris, où il fit partie du Groupe du 6e arrondissement, avec entre autres Victorine Rouchy, Émile Violard, Raoux et Alfred Durand. Il demeurait rue de Beaune (VIIe arr.) et était le responsable à la correspondance du groupe Les Incendiaires.

Du 14 au 20 juillet 1881, Louis Bouisson fut délégué au congrès anarchiste de Londres (voir Gustave Brocher) par l’Alliance des groupes socialistes révolutionnaires de Paris et le Groupe des prolétaires communistes-anarchistes de Perpignan. Il y fit des interventions anti-organisationnelles, favorables aux bombes et à la dynamite comme méthodes révolutionnaires, au point qu’on le soupçonna d’être un agent provocateur.

A son retour à Paris fin juillet, il participa avec plusieurs autres délégués — dont Victorine Rouchy, Paul Muller, Serraux et le suisse Georges Ulrich — à une réunion du groupe de l’Alliance où Serraux attaqua vivement Victorine Rouchy, l’accusant d’avoir participé au congrès de Londres à des séances secrètes et lui demandant d’en révéler le contenu. V. Rouchy avait répliqué qu’elle n’avait pas de compte à rendre à l’Alliance, mais seulement aux groupes des VIè, XIe et XXe arrondissements dont elle avait été la déléguée. Dans la discussion, le Suisse Ulrich avait traité Bouisson de « canaille » et une bagarre s’était produite entre les deux hommes. A la suite de cet incident, une commission — formée de Durand, Wilhelm et Raoux — devait se réunir chez Bouisson, 31 rue de Beaune, pour rédiger une protestation contre les conclusions du congrès de Londres qui serait adressée à tous les groupes anarchistes en France.
Pendant son séjour à Paris, il fut l’un des rédacteurs de La Révolution sociale (Saint Cloud, septembre 1880 à septembre 1881)

De retour à Marseille au début de 1884, Louis Bouisson fut le gérant du quinzomadaire anarchiste communiste L’Affamé (Marseille, au moins 6 numéros, 15 mai au 27 juillet 1884) dont l’administrateur était Auguste Chauvin, publié lors de l’épidémie de choléra qui fit plusieurs centaines de victimes à Marseille. Il fut remplacé à partir du n°3 à la gérance par C. Godard. Le 20 juillet 1884 il fut arrêté avec 5 autres personnes lors d’une manifestation organisée par les anarchistes devant la mairie. Lors de sa comparution devant le juge d’instruction, Bouisson s’était évanoui, et suspecté d’être atteint lui-même du choléra, il fut aussitôt mis en quarantaine au Pharo alors que son évanouissement résultait en fait des mauvais traitements subis en détention. Traduit avec ses 5 compagnons le 8 août 1884 devant le tribunal correctionnel, il fut condamné à 6 mois de prison pour infraction à la loi de 1848 sur les attroupements.

Bouisson aurait par la suite quitté le mouvement anarchiste et selon la rumeur serait devenu banquier à Barcelone.


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