Dictionnaire international des militants anarchistes
Slogan du site
Descriptif du site
INGELAERE, Jean, François
Né le 18 novembre 1865 à Armentières (Nord) - Ouvrier tisseur – CGT - Armentières (Nord) – Reims (Marne) – Liège (Belgique) - USA
Article mis en ligne le 13 mai 2015
dernière modification le 7 septembre 2023

par Dominique Petit, ps

A l’automne 1882 Ingelaëre, qui demeurait à Lille 6 rue de Constantine, était l’un des animateurs du groupe Les Révoltés qui venait de se constituer. Dans une lettre datée du 2 novembre et adressée à L’Etendard Révolutionnaire de Lyon, il écrivait : “Oui ! Compagnons, frappez, frappez encore et toujours contre cette bourgeoisie oiseuse qui nous exploite et nous opprime. Jetez donc partout l’esprit de Révolte. Les anarchistes lillois feront tous leurs efforts pour vous aider dans cette lutte. Vive la Révolution ! Vive l’anarchie !” (cf. AD Rhône 2U433).

Le 24 février 1884, lors du carnaval, un client d’un cabaret avait menacé le patron de faire sauter son établissement et les patrons à la dynamite ; lorsque ce patron avait voulu expulser le client, une quinzaine de personnes masquées et costumées étaient entrées dans le cabaret en disant au client « Ne sors pas, on va lui faire son affaire, Vive l’anarchie, vive la révolution sociale ! ». Dans la bagarre qui s’en était suivi Jean Ingelaere, semble-t-il pris de boisson, et Janssens avaient blessé mortellement deux clients à coups de couteau. Bénéficiant de circonstances atténuantes, ils furent condamnés à 2 ans de prison par la Cour d’assises de Douai.

En mai 1888, après avoir pris la défense d’un citoyen malmené par la police, il avait été condamné à Roubaix à 40 jours de prison.

En 1893 Ingelaère, né de parents belges, qui avait fait son service militaire à Lille, était à Reims où il fréquentait les anarchistes et notamment Hiverlet et Leprêtre et était qualifié “d’anarchiste dangereux et violent”. Fin mai 1893, alors qu’il était recherché par la gendarmerie pour effectuer une période militaire, il quittait Reims pour aller à Verviers en Belgique. Il fut arrêté à Liège en mai 1893 pour injures envers le prince Albert et fut condamné pour « mendicité » à 2 ans de prison.

Signalé comme disparu de Watrelos (Pas-de-Calais), il travaillait en 1906 dans une fabrique de bretelles de Chauconnin (Seine-et-Marne) où il n’était l’objet d’aucune remarque défavorable.

Vers 1907, lors de la grande vague de chomage dans le textile, il émigra aux États-Unis où il allait trvailler dans le Connecticut, le New Hampshire et le Massassuchets. Le 15 juin 1923, suite à des propos anrireligieux, il fut arrêté à Newton (Massassuchets) et interné 14 mois dans une maison d’aliénés. Le 19 juillet 1924 il déclenchait une grève de la faim et était finalement extradé début août en France où dès son arrivée il était de nouveau interné à la maison dc’aliénés d’Equermes-lez-Lille dont il fut finalement libéré le 8 octobre 1924. Avec l’appui du Comité de défense sociale du Nord, il réclama en 1928 au Consulta américain un somme de 6.000 dollars en guise de dommages et intérets.

En juillet 1929 Ingelaere, qui était membre de la CGT, fut convoqué au siège de la sûreté à Roubaix, puis gagna Paris où il fut l’objet de surveillance, l’obligeant à regagner le Nord. Accusé de menaces de lort contre le gouverneur du Massasuchets, il fut arrêté le 16 septembre 1929 et interné à l’asile d’aliénés d’Armentières.


Dans la même rubrique

IVANOV PAVLOV, Krastyo
le 16 février 2024
par R.D.
ISLACE, Léon
le 8 janvier 2024
par R.D.
IMPERATRICE, Amleto
le 2 octobre 2023
par R.D.
ILCHENKO, Sergey “BANANE”
le 21 juin 2023
par R.D.
IROSINI, Joseph
le 11 janvier 2023
par R.D.