Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

DENECHERE, Amédée, Charles “LE GRAND ERNEST” ; “DORNES”

Né le 8 novembre 1857 à Paris — mort en novembre 1919 — Ouvrier gainier — Paris
Article mis en ligne le 23 février 2007
dernière modification le 26 mars 2025

par R.D.

Né de père inconnu et de Zenaide Denechère, Amédée Denechere habitait 41 rue de la gare de Reuilly (Paris XII). Dès le début des années 1880 il aurait été le responsable du groupe La Vengeance et participait aux réunions tenues 131 rue Saint-martin dans le bistrot du “père” Rousseau et collaborait au journal Le Droit social (Lyon, 24 numéros du 12 février au 23 juillet 1882).

Le 22 juin 1879 i avait été arr^été pour "outrages aux agents" mis n’avait pas été poursuivi. Le 17 avril 1881 il avait été de niuveau arrêté avec Menot pour "scandale dans une église" ce qui lui avait valu une condamnation à 3 mois de prison.

En 1882 il participait aux réunions du Groupe d’études sociales du faubourg Marceau qui se réunissait 66 rue Monge (Ve arr.).

Le 13 mai 1883, avec notamment Wilhelm, Baumester, Mege, Falies, Lecourtier, Aumaréchal, Uzher et Castagnede, il avait fait parie du groupe d’anarchistes qui était allé perturber le congrès collectiviste tenu salle Oberkampf, dont ils avaient été expulsés et où avaient été blessés les compagnons Didier et Cézard (orthographe ? Peut être Bézard).

Début 1884 il réorganisait le groupe anarchiste du Panthéon qui s’était dissous semble-t-il fin 1881 et comprenait 6 membres En janvier 1884, lors d’une réunion du groupe anarchiste des tailleurs L’Aiguille, il avait invité les compagnons à faire de la propagande dans les casernes.

Le 6 mars 1884 il avait été arrêté rue Rambuteau et le 3 jullet 1884 il avait été condamné à à 5 francs d’amende pour "tapage, outrage à la pudeur et outrage à agnts".

En août 1884 la police signalait qu’il avait reçu de Genève un colis envoyé par Jean Grave contenant plusieurs exemplaires de la brochure La loi et l’autorité et plusieurs exemplaires du journal Le Révolté qui avaient été saisis, le journal étannt interdit en France.

En mai 1884, lors de l’hommage à la Commune au cimetière du Père Lachaise, il avait pris la parole avec Roussel et Druelle devant un groupe important de compagnons dont ceux de la chambre syndicale des cordonniers et leur bannière noire et le groupe Les Insurgés portant aussi « un magnifique drapeau noir surmonté d’une cocarde rouge » (cf. L’Affamé).
Dans une lettre de novembre 1884, adressée au compagnon Cauvin de Marseille, il engageait tous les compagnons "à brîler imméditement toute la correspondance " afin d’échapper à toute poursuite l suite à une perquisition. A cette époque il était semble-t-il l’un des rédacteurs du journalTerre et Liberté.

Il était en 1885 le gérant du journal Le Drapeau Rouge (Paris, 5 numéros du 24 mai au 4 juillet 1885) sous-titré « organe révolutionnaire, anarchiste, international » et collaborait à La Question Sociale (Paris, 8 numéros du 10 janvier au 10 août 1885) ainsi qu’à l’organe communiste anarchiste Terre et liberté (Paris, 18 numéros, du 25 octobre 1884 au 21 février 1885) publié par Antoine Rieffel. Il était également le fondateur avec A. Grippa du journal Le Tocsin (Paris, 4 numéros d’août à septembre 1885). Vers cette époque il aurait été à l’origine de la formation dans le Ve arrondissement du groupe L’Internationaliste.

Le 16 février 1885, il avait participé à l’enterrement de Jules Vallès, prenant la tête du cortège en portant un drapeau rouge.

A l’été 1885 il était également signalé dans les réunions du groupe La Vengeance, rue des Lyonnais (Ve arr.) où selon un indicateur il entendait par propagande individuelle « celui qui agit seul, soit avec un revolver, soit avec un poignard pour tuer son patron, son propriétaire … Celui qui fournit de l’argent pour la fabrication d’engins explosifs, celui qui les fabrique et celui qui s’en sert » (cf. APpo BA 1505, 23 juin 1885).
Vers cette même époque, il était également membre de la Commission des ouvriers sans travail fondée par le groupe blanquiste du Ve arrondissement. Il demeurait alors 13 rue des Boulangers.
A l’automne 1885, il aurait été, selon la police, l’un des fondateurs avec Delamarre et Esmalder d’un nouveau groupe, L’Internationaliste, favorable à la propagande par le fait, qui tint sa premère réunion le 20 novembre à la salle de la rue des Lyonnais.
En novembre 1885n lors d’une réunion du groupe La Vengeance, il aurait, selon la police, fait adopter la formation d’une commission chargée de répertotier "les endroits où l’in pourrait prendre des armes en cas d’insurrection, de prendre les noms et adresses des individus qu’il faudrait "nettiter" du oremier coup, tels que officiers de l’armée, homme d’État ou policiers haut-placés, de se procurer le plan des égouts".

A cette époque il ne pouvait plus vire de son métier d’ouvrier grainier et devait faire divers petits métiers. Il était obligé de déménager fréquement, ne pouvant oayer ses loyers.

Au printemps 1886, suite à une scission du groupe La Vengeance, il fut, avec entre autres Rozier, Beluze, Smolder, Prevost, Derue, Constant Marie et Dejoux, l’un des fondateurs du groupe Germinal, favorable à la propagande par le fait.
C’est lui, selon la police, qui avait corrigé les épreuves de la poésie révolutionnaire L’Or (voir portfolio) éditée par le groupe La Vengeance.

Vers 1887 il aurait été, avec Borde et Druelle, l’un des animateurs du groupe Les Indisciplinés de Montmartre qui se réunissait rue de Clignancourt. C’est lui qui aurait composé et publié les chansons Le Père Lapurge, Dynamite, Peuple debout et A bas la politique.
A cette époque il était signalé dns de nombreuses réunions notamment celles de L’Allance anarchiste des travaileurs du Marais, La ligue cosmopolite, L’Egalité et le syndicat des hommes de peine.

Fin mars 1888 il avait participé avec notamment Sureau à la perturbation d’un meeting boulangiste à la salle Rivoli où ce dernier s’était emparé de la caisse.

Fin 1888 sa présence était signalée dans les réunions tenues salle Horel par le Cercle anarchiste international. A cette même époque il avait été l’objet d’une perquisition et avait été scandalisé par l’attitude du commissaire qu avait été jusqu’à fouiller le berceau de son enfant.

En septembre 1889 il participa au congrès anarchiste international tenu à Paris où il s’opposa aux théories illégalistes. Comme Jean Grave, Kropotkine, Gegout, Cabot et Tortelier, il avait condamné "le vol commis en dehors d’un motif politique".

Au printemps 1891, il avait été chargé par le groupe anarchiste du XIIe de rédiger une brochure pour la propagande à la campagne. A cette époque il résidait 52 Cours de Vincennes.

En 1892, il s’occupait, selon la police, d’une caisse de secours aux familles de condamnés ou de proscrits.

En avril 1893, il fut, avec entre autres Job, Petitjon, Pivoteau et Richard, le promoteur de la publication d’un quotidien anarchiste se situant entre Le Père Peinard et La Révolte dont il avait été plusieurs mois l’administrateur et dont il avait conservé les listes de correspondants et d’abonnés. Il demeurait alors Faubourg Saint-Antoine.

A l’été 1893, à l’occasion des prochaines élections législatives, il avait émis l’intention d’être candidat abstentionniste dans la circonscription de Bel Air-Picpus.

En 1893 il appartenait au groupe Les travailleurs communistes anarchistes du XIIe qu’il avait fondé l’année précédente et où il s’occupait plus particulièrement de la bibliothèque du groupe, poste qu’il occupait toujours en 1895 avec Lafond ; le fonds de livres s’appelait alors “Bibliothèque sociologique des travailleurs du XII°”. Le 1er janvier 1894, lors des rafles ayant suivie l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés, il avait été l’objet dune perquisition où la police n’avait saisi que quelques notes et lettres.

En mai 1895, sur pression policière, il fut licencié par son patron pour appartenir à un parti “prêchant le vol et l’assassinat”.

A l’automne 1895 il fut chargé des diverses collectes faites au profit de Mathieu qui venait d’être condamné en Belgique.

Le 16 mars 1896, il fut l’organisateur du meeting tenu salle Genti, rue des Colonnes du Trône, pour protester contre l’arrestation et l’expulsion de France de Kropotkine auquel, devant 1500 personnes, Tortelier, S. Faure et Fortuné Henry entre autres avaient pris la parole. Pendant les discours, la police avait noté que Sidonie Vailant et les fils de Denechère et de Francis distribuaient gratuitement des exemplaires des Temps nouveaux, du Rifflard et des brochures. En mars, lors des élections municipales, il avait été candidat du Comité abstentionniste révolutionnaire du XIIe dans le quartier de Picpus ax cotés de L. Lafond (quartier Bel Air) et de Bézard (Bercy).

Fin juillet 1896, à la sortie d’une réunion du Groupe des travailleurs communistes du XIIè, il avait été agressé par un groupe d’individus et frappé à coup de poing américain avant que des compagnons ne viennent à son secours et mettent en fuite les agresseurs (cf. Les Temps nouveaux, 1er août 1896).

En mai 1897, le groupe du XIIe arrondissement dont il était l’animateur, avait invité les compagnons à se rendre au cimetière de Brévannes sur la tombe d’Émile Henry, à l’occasion de l’anniversaire de son exécution.

A. Dénéchère a été gérant des Temps nouveaux de mai 1895 (n°1) à juin 1901 où c’est Jean Grave qui lui avait succédé. Parallèlement il collaborait à la 2e série de l’organe des ouvriers de l’ameublement Le Pot à colle (Paris, 10 numéros du 20 juillet 1898 au 11 février 1899), apparaissant même comme l’administrateur du journal (n°10). Il participait à cette même époque au Groupe d’éducation libertaire et à L’École libertaire de la rue Titon dont il était l’un des animateurs avec C. Papillon et Dubois Desaulle.
En décembre 1900 il avait adhéré au Groupe de solidarité internationale et d’aide aux détenus.

En juin 1901, alors qu’il s’était rendu avec sa compagne dans un commissariat où avait été arrêté son fils, Denechère y fut gardé une trentaine d’heures, avait été frappé à coups de crosse de revolver, s’était défendu puis avait été relâché et poursuivi pour « outrages à agents ». C’est à la suite de cet incident qu’il quitta la gérance des Temps nouveaux.
IL avait été maintenu sur la liste de révision des anarxhistes de la Seine en 1900-1901.

Il disparaît de Paris à partir de juillet 1902 et Jean Grave signale que lors de la visite du Tsar, les policiers venus l’arrêter comme plusieurs autres anarchistes, firent chou-blanc. Il fut alors inscrit à l’état vert n°4 des anarchistes disparus et/ou nomades.

Marié il avait un fils adoptif qui mourut (tué au front ?) pendant la guerre de 1914-18. En mai 1916 il fit partie d’un nouveau groupe de compagnons, rallié à l’Union sacrée et signataires du Manifeste des 16.

Enterré le 30 novembre 1919, le décès d’Amédée Dénéchère a été annoncé par Le Libertaire du 14 décembre 1919 et Les Temps nouveaux (n°6, décembre 1919).


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