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Dictionnaire international des militants anarchistes
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RICOIS, Victor, Charles
Né le 21 mars 1846 à Orléans - Paris
Article mis en ligne le 23 mai 2015
Dernière modification le 9 août 2018

par Marianne Enckell, ps
Charles Victor Ricois

Victor Ricois, qui habitait 7 impasse Naboulet à Paris (XVIIe arr.) était au début des années 1880 le secrétaire du groupe La Révolution sociale.

En mars 1881, il fut condamné par défaut à 6 mois de prison et 2000 francs d’amende, comme d’autres gérants de presse, pour « apologie de fait qualifié crime » : ces journaux avaient publié des articles saluant la mort de l’empereur de Russie dans un attentat.

L’année suivant, le journal Le Radical l’accusa d’avoir dénoncé deux compagnons russes, mais le responsable était en fait Spilleux dit Serraux.

A l’été 1883, il aurait été le responsable de la publication d’un placard, Anarchie et autorité (voir portfolio) , dont il réclamait le paiement notamment dans le journal lyonnais La Lutte. Le journal qui prit la succession de ce dernier, Le Drapeau noir, publia dans son premier numéro (12 août 1883) une longue lettre de Ricois à Sauva, rédacteur de la Revue Icarienne, en défense et illustration de l’anarchisme. Selon la police il aurait eu pour pseudonyme Naboulet.

Il fut à partir de 1884 employé au Journal officiel, fut le gérant de l’hebdomadaire La Révolution sociale (Saint-Cloud, 56 numéros du 12 septembre 1880 au 18 septembre 1881) dont le rédacteur était le mouchard Serraux (Egide Spilleux).

En 1887, Ricois, qui aurait également été membre du groupe La Panthère des Batignolles, fut témoin au procès de Clément Duval, et refusa comme son camarade Bronsin de prêter serment devant l’image du Christ.

En juin 1891, il habitait 104 rue Saint-Antoine (Paris IVe) et fut perquisitionné par la police, qui cherchait probablement des «  produits chimiques capables de faire trembler les monuments, édifices publics et autres commissariats de police de Levallois- Perret  » mais ne put saisir que « le timbre administratif de la Révolution sociale," journal disparu depuis dix ans !

Comme de très nombreux compagnons, tant à Paris qu’en banlieue et en province, il fut arrêté le 22 avril 1892, préventivement à la manifestation du 1er mai ; à six heures du matin la police était venue l’arrêter Quai Malaquais, au bureau du départ du Journal Officiel, l’avait conduit à son domicile 204 rue Saint Antoine où les agents avaient saisi un billet de Louise Michel le félicitant pour sa condamnation de 1881 et une lettre de Clément Duval le remerciant pour un envoi d’argent. Lors de cette arrestation il avait déclaré ne plus fréquenter les réunions ni les groupes depuis 1884, daté à laquelle il était entré au Journal Officiel.

A la fin de l’été 1893, suite à un héritage, il se serait engagé à verser 2.000 francs pour la parution du quotidien Le Réveil international que Brunet comptait faire paraître.

En décembre 1893, il annonçait (voir portfolio) pour le mois de janvier la parution d’un nouvel hebdomadaire, Le Père Jean, chiffonnier de Paris. « Il administrera", dit le prospectus de lancement, " toutes les semaines, des coups de crochet aux patrons, aux propriétaires, aux huissiers, aux détenteurs de monopoles, à la police, à l’administration, aux magistrats, au clergé, aux galonnés de tous grades en un mot, à ce que l’on est convenu d’appeler l’autorité. » Mais ce journal n’a sans doute pas paru, mais lui avait valu d’être perquisitionné le 1er janvier 1894 comme une cinquantaine d’autres militants à Paris, lors des rafles ayant suivi l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés. La police avait saisi divers journaux anarchistes mais l’avait laissé en liberté.

Ricois donna ensuite des articles au Cri de Révolte (Paris, 1898-1899) où il blâma notamment S. Faure de s’être mêlé à l’affaire Dreyfus et lui valut d’être qualifé d’antisémitisme. Il collabora également au Flambeau (Vienne, 1901-1902).

En 1900 il résidait 24bis rue Danton à Levallois Perret.


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