Dictionnaire international des militants anarchistes
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BEYLIE Henri [BEAULIEU, Henri, Félix, Camille dit] “LAGARDERE” ; “CLAVIER”

Né le 30 novembre 1870 à Paris — Comptable — AIA — UA — CGT — Paris
Article mis en ligne le 28 janvier 2011
dernière modification le 15 juillet 2024

par R.D.
Felix Beaulieu "Henri Beylie"

Fils de Charles, comptable et de Marie-Jeanne Beylie, couturière, Félix Beaulieu dit Henri Beylie, avait servi pendant 3 ans dans un Bataillon d’Afrique. Il s’était engagé le 30 novembre 188 au 1er Régiment de tirailleurs où il avait été nommé caporal, grade dont il fut cassé (après un mouvement de rébellion ?). Il avait été libéré le 30 octobre 1891. Dès son retour en métropole il avait commencé à fréquenter les milieux libertaires et avait intégré fin 1893 la rédaction de La Revue Libertaire.

Comptable à la Banque Industrielle il avait été arrêté en janvier 1894 avec Henri Guérin et Henri Gauche rédacteurs de La Revue libertaire (Paris, décembre 1893-février 1894), s’était ensuite réfugié avec eux en Belgique. Lors de la perquisition à son domicile 31 ruer Gabrielle, la police n’avait trouvé que « les papiers trop lourds pour être emportés tels que des ballots et des bouillons de La Revue libertaire" et les registres des abonnés.

En mai 1894 il fut arrêté au domicile de sa compagne Mme Gourdel au 8 de la rue Tholozé. Cette dernière, ouvrière aux magasins du Louvre et avec qui il avait une fillette tombée gravement malade — raison pour laquelle Beylie était rentré à Paris — avait disparu à la veille de la perquisition. Restée cachée pendant deux jours, elle s’était ensuite redue au commissarit, avait été tenue à la disposition de la justice mais n’avait pas été inculpée.

Avec Zisly et Gravelle, Félix Beaulieu fit paraître, de 1895 à 1898, une revue mensuelle La Nouvelle Humanité qui développait les théories selon lesquelles une nourriture saine et un air pur libéreraient les hommes des servitudes de « l’intérêt, cause des guerres et des luttes économiques » (Le Libertaire, n° 66, 23-30 mars 1901, où sont exposées les grandes lignes d’un programme « naturien »). C’est à cette époque qu’il commença à signer ses articles Beylie (du nom de sa mère). Il était également en relations avec le journal Tribune Libre publié de 1896 à 1898 à Charleroi (Pennsylvanie) par les mineurs français émigrés aux USA. Il était alors membre du groupe des Naturiens (voir le dossier Les Naturiens des anarchistes précurseurs de l’écologie politique in Archives anarchistes

En 1898 il était l’un des animateurs du groupe L’Harmonie qui se réunissait au café éponyme, 69 rue Blanche, et publiait le journal La Sentinelle Harmonie dont Gustave Mayence était le gérant. Il demeurait alors 10 Impasse Girardon et était en 1899 l’un des diffuseurs, avec notamment J. Bariol, de la brochure de H. Zisly En Conquête vers l’état naturel. Il participait également aux réunions rue Lepic du groupe Les Iconoclastes animé par Janvion et collaborait au journal L’Homme libre (11 n° du 24 juin au 1er décembre 1899) dirigé par F. Prost et E. Girault.

En 1899 il séjournait à Domats (Yonne) où son fils se trouvait en nourrice et il fut l’interpelé en septembre pour avoir « laissé bien en vue » la brochure d’Elisée Reclus A mon frère le paysan dont plusieurs exemplaires avaient été laissés sur des tas de pierres, un arbre et un poteau télégraphique de la localité. Conduit à la gendarmerie de Cherey il s’était vanté d’avoir aussi des exemplaires du journal L’Homme Libre.

En 1899 il avait participé au groupe anarchiste Les Sauvagistes.
Lors de la révision des listes en 1900-1901, il avait été maintenu sur la liste des anarchistes du département de la Seine.

Vers 1900 il avait perdu sa place à la Banque Industrielle à la suite d’une période militaire de 28 jours.

En 1901 il collaborait au Cercle d’études sociales de Paris et au Bulletin de l’Harmonie. L’année suivante se constituait une société « pour la création et le développement d’un Milieu libre en France » dont le but unique, selon la feuille-programme pour le lancement de cette société, était le suivant : « Tenter une expérience de communisme libre”. C’est ainsi que naquit, au début de 1903, le Milieu libre de Vaux, situé dans le canton d’Essommes-sur-Marne (Aisne). G. Butaud en était l’animateur et Beylie le secrétaire et trésorier. Des difficultés apparurent bientôt et, dès novembre 1903, une attaque en règle était menée contre la colonie par certains milieux anarchistes. Le Libertaire publia un bilan de l’expérience (n° 5, 5-12 décembre 1903) auquel Beylie et Butaud répondirent dans le Bulletin mensuel de décembre 1903 en donnant un « rapport sur dix mois de communisme » qui mettait en valeur les résultats obtenus et s’opposait aux conclusions pessimistes du Libertaire. L’expérience fut cependant liquidée en février 1907.

Beylie fonda, en décembre 1902, avec Paraf-Javal, Libertad, Janvion, Yvetot et autres, la Ligue antimilitariste dont le but était la suppression des armées et fit partie — avec entre autres Tailhade, C. Malato, U. Gohier, Janvion, Dubois Desaulle et Yvetot (pour la France), G. Lance, E. Malatesta et Tarrida del Marmol (Angleterre), Domela Nieuvenhuis (Hollande), Gross et Otto Karmin (Suisse), Élisée Reclus, J. Moineau et G. Thonar (Belgique), Molinari (Italie) et Mella (Espagne) du Comité d’initiative d’un congrès internaional antimilitariste qui devait se tenir à Londres en mai 1903.
La Ligue prit part, en juin 1904, à l’organisation du congrès antimilitariste d’Amsterdam des travaux duquel naquit l’Association Internationale Antimilitariste (AIA).

Il fut également l’administrateur du bi-mensuel L’Ennemi du Peuple (Paris, 29 n°, 1er août 1903 au 15 octobre 1904) dirigé par E. Janvion.
En 1905 il collabora au Flambeau, organe des ennemis de l’autorité et au numéro unique de La Nouvelle Humanité (Paris, 1er avril 1905) dont le directeur était Raoul Lacour.

En 1906 il demeurait toujours 10 impasse Girardon et était marié à Clémentine Boutoux (née le 22 mars 1877 à Paris) — dont il avait un fils, Paul, Charles (né le 10 février 1898) — et qui travaillait comme employée aux écritures à la Société Générale. Il était alors employé comme comptable au service d’un cordonnier de la rue Pasquier et d’un marchand de couleurs de la rue des Abesses.
En avril 1906 il fut cndidat abstentioinnste dans la 2e ciconscription de Paris 20e. Dans la nuit du 29 avril 1906 il fut arrêté dans les rues de Paris avec Raymond Bouyssous, Grégoire Banghard et Théodore Dumay, en train de placarder des affiches intitulées Manifeste abstentionniste et antimilitariste signée de Banghard. La perquisition à son domicile avait permis la découverte de lettres, de divers journaux et d’empreintes de cachets. Ecroués au Dépôt après avoir refusé de signer le procès verbal dressé contre eux et inculpés de propagande anarchiste ils avaient été ensuite amnistiés.

Il assista avec Monatte, Broutchoux, de Marmande et autres, au congrès anarchiste international d’Amsterdam du 24 au 31 août 1907 dont il avait fait partie du comité d’initiative et dont il fit un compte rendu dans Le Libertaire des 8 et 15 octobre 1907. Les travaux du congrès aboutirent à la constitution d’un bureau international dont le siège était fixé à Londres et qui cessa de fonctionner à la fin de 1911. Il a été membre ensuite de la Fédération Anarchiste de Seine et Seine-et-Oise constituée après le congrès d’Amsterdam à l’nitiative de Jean Grave et de Marmande et dont le secrétaire était Marceau Rimbault.

En 1909 il collaborait au Bulletin du comité de defense sociale (Paris, 1909-1912). Il était membre de la commission exécituve du CDS et en décembre 1910 était signalé dans un rapport de police comme recevant « souvent des militaires de passage sur le point de déserter » et ayant « hébergé récemment un jeune soldat d’infanterie d’une garnison de l’ouest. » (rapport du 22 décembre 1910). Selon la police c’étaient Torton, l’ancien secrétaire de la Bourse du Travail de Rouen et Ouin qui, entre autres, adressaient à Beaulieu ces soldats.

Dans Le Libertaire du 7 novembre 1909 il avait publié un article intitulé "Mouchard et provocateur" où il accusait Caffier, du CDS, d’avoir des rapports avec la police et d’avoir été à l’origine de l’arrestation des militants Bernard Constant et de Decamps.

Le 11 décembre 1910, lors d’une réunion de la Fédération communiste révolutinnaire, tenue au Foyer populaire de Belleville (rue Henri Chevreau) il avait déclaré « qu’en dépit des lois nouvelles frappant les saboteurs et les apologistes du sabotage, la Fédération communiste continuera de préconiser l’action directe comme seule efficace pour faire obtenir gain de cause au prolétariat en révolte ».

En avril 1912 il avait été nommé secrétaire adjoint du CDS en remplacement de Thuillier, mais n’avait occupé le poste que quelques mois.

Beylie, inscrit au carnet B en 1911, fut mobilisé le 16 septembre 1914 au 14e régiment d’infanterie territoriale. En avril 1915 il avait été nommé caporal détaché comme chef de poste à Eaubonne. Pendant cette période il s’était tenu à l’écart de la politique. C’est ainsi qu’à une lettre qui lui avait été envoyée le 21 février 1917 par le journal pacifiste Ce Qu’il faut dire, lui demandant d’adhérer à L’Entraide, il avait répondu qu’étant mobilisé « la livrée dont il était revêtue lui défendait toute manifestation et toute collaboration ». Il fut renvoyé dans ses foyers en janvier 1919.

Après la guerre, il travailla comme comptable dans une blanchisserie et sa femme était couturière à domicile.
Il participa au premier congrès anarchiste qui se tint à Paris les 14 et 15 novembre 1920, au 3e congrès de l’UA tenu à la Maison du peuple de Levallois les 2-4 décembre 1922 (voir Haussard).

En 1919 il était membre du Groupe révolutionnaire des Ecoles qui se réunissait rue Flatters (5e arr.).
Au début des années 1920 il fut particulièrement actif lors des campagnes en faveur de E. Cottin et de Gaston Rolland.
Dans le Libertaire du 13 décembre 1921, il avait vivement pris à partie le communiste Boris Souvarine en raison du refus de ce dernier de signer une affiche du CDS protestant contre la condamnation à mort de Sadoul.

Beaulieu avait été rayé du Carnbet B de la Seine en avril 1922.

Les 12-13 août 1923, lors du IVe congrès de l’Union anarchiste, il avait été nommé au conseil d’administration du Libertaire quotidien, dont les secrétaires étaient S. Férandel (voir ce nom) et P. Lentente.

Toujours membre du Comité de Défense sociale, il en devint le secrétaire en mars 1932 aux cotés de Gaston Rolland nommé trésorier ; ce comité s’occupait du sort des condamnés et proscrits politiques et se réunissait chaque semaine au restaurant coopératif La Solidarité, 15 rue de Meaux. Il habitait alors 12 avenue Junot (Paris 18) et figurait sur la liste de vérifications des domiciles d’anarchistes.

Outre les titres mentionnés ci-dessus Beylie avait également collaboré à de nombreux titres de la presse libertaire dont La Débacle sociale (1886), La Vérité (11896-1897), Le Cravacheur (Roubaix, 1898), Le Cri de révolte (1898-1899), L’Ordre (Limoges, 1905-1906), Le Combat social (1907-1909), L’Insurgé (1910-1911), La Plèbe (1918).

OEUVRE : en collaboration avec Zisly, La Conception libertaire naturienne, Paris, 1901, 16 p. — Le Militarisme. Ses causes, ses conséquences, les moyens de le combattre, brochure éditée par le groupe Germinal de Lyon, 1903, 8 p.


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