LEAUTHIER, Léon, Jules

Né à Manosque le 5 janvier 1874 – tué le 22 octobre 1894 - Cordonnier - Marseille (Bouches-du-Rhône) - Paris - Guyane
mardi 11 mars 2008
par  R.D.
popularité : 13%

Léon Jules Léauther, orphelin de mère décédée lorsqu’il était tout jeune, avait été élevé par la seconde femme de son père, brasseur. Il avait suivi l’école des frères puis une école laïque à Marseille jusqu’à l’âge de 15 ans où il avait appris le métier de cordonnier.

Ouvrier cordonnier au chômage Léon Jules Léauthier montait à Paris en avril 1893 après avoir séjourné à Marseille où il participa à de nombreuses conférences de Sébastien Faure et devint anarchiste à la lecture notamment du Père Peinard et de La Révolte. Il demeurait à Paris à l’Hôtel de Besançon, 18 rue des Communes et travaillait au ressemelage et réparation de bottines pour un artisan du quartier. Ayant perdu son emploi, il décidait de se venger et écrivait à Sébastien Faure : « Je me trouve réduit à mourir de faim ou à me suicider…Je me vengerais comme je pourrai, n’ayant pas les moyens de faire un grand coup comme le sublime compagnon Ravachol. Mon arme choisie sera mon outil de travail ; mais qu’importe ? Ce sera encore une délicatesse que j’apporterai en crevant un bourgeois avec l’arme qui m’aura servi à produire ce que celui-ci consomme à mes dépens…Je ne frapperais pas un innocent en frappant le premier bourgeois venu ». Le 13 novembre 1893 il passait à l’action et blessait d’un coup de tranchet le client d’un restaurant - le Bouillon Duval - qui se trouvait être le Ministre de Serbie, M. Georgevitch. Puis il se constituait prisonnier au commissariat de la mairie du 11è arrondissement. La blessure était grave mais non mortelle et malgré un témoignage en sa faveur de son ancien patron, Léon Léauthier était condamné le 23 février 1894 aux travaux forcés à perpétuité.

Lors du transport des relégués vers la Guyane à l’été 1894, il participa à une révolte à bord du navire Ville de Saint Nazaire. Dès l’arrivée il était envoyé à l’île Royale avec les compagnons Edmond Marpaux, Placide Catinaux et Briens où ils retrouvaient d’autres compagnons dont Clément Duval, Pini, Meyrueis et Chenal. Clément Duval constatait chez Léauthier « jeune camarade malingre, chétif, cette logique serrée, cet esprit de justice, une grande force de volonté et une énergie peu commune. Il était estimé de tous les camarades de son convoi, et il était si doux que de suite les condamnés de la case en pierre lui donnèrent leur sympathie ».

Léon Jules Léauthier a été tué le le 22 octobre 1894 lors de la révolte des bagnards anarchistes à l’île Saint-Joseph suite à l’assassinat par un gardien du compagnon Briens. Dans cette révolte furent également tués deux gardes, deux contremaîtres et douze baganrds dont Jules Garnier, Charles Simon Biscuit, Benoit Chevenet, Henri Meyrueis, Maxime Thiervoz, Lebeau, Mazarguil et Edmond Marpaux.


APpo BA 1144 = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. // C. Duval « Moi Clément Duval, bagnard et anarchiste… », op. cit. //
"Mort aux bourreaux, Vive l’Anarchie" (1 feuille 1895) // Le Matin, 22 & 24 février 1894// Le Père Peinard, 26 novembre 1893 (reproduction d’un entretien d’un journaliste du Temps avec Léauthier) //


Brèves

14 décembre 2017 - ENCICLOPEDIA DEL ANARQUISMO IBERICO (nouvelle édition)

Une nouvelle édition de l’Encyclopédie de l’anarchisme espagnol d Miguel Iniguez (4 vol., 1 CD, (...)

7 juillet 2017 - FONDS D’ARCHIVES COMMUNISTES LIBERTAIRES (Montreuil)

Quoi de neuf au Fonds d’archives communistes libertaires ?
Il y a six mois était inauguré le (...)

28 juin 2017 - LIBERTARIAS Femmes anarchistes espagnoles

Les éditions Nada ont le plaisir de vous annoncer la parution de Libertarias, femmes anarchistes (...)

16 juin 2017 - NOUVELLE PUBLICATION : Les mémoires de Manuel Sirvent Romero

Aux éditions CNT-RP
Manuel Sirvent Romero "Le cordonnier d’Alicante : mémoires d’un militant de (...)

6 juin 2017 - LA RÉVOLTE & son supplément littéraire

La Révolte (1887-1894) et son supplément littéraire mis en ligne sur le site Fragments de la (...)