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GARRAUD, Georges « Aristide VALADIER »
Né vers 1846 - Lyon (Rhône)
Article mis en ligne le 10 juillet 2007
dernière modification le 6 septembre 2018

par R.D.
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Membre du groupe anarchiste du quartier des Brotteaux, Georges Garraud Aristide Valadier avait été nommé à l’été 1882 à la direction de la Fédération révolutionnaire qui regroupait la plupart des anarchistes de la région et à l’administration du journal L’Etendard Révolutionnaire (Lyon, 13 numéros du 30 juillet au 15 octobre 1882) qui avait fait suite à l’organe Le Droit Social (Lyon, 24 numéros du 12 février au 23 juillet 1882) auquel il avait également collaboré. Ces nominations avaient été contestées lors d’une réunion par les compagnons Claude Crestin et Toussaint Bordat qui le suspectaient d’être un agent provocateur. Bordat avait même affirmé qu’un employé de la préfecture dont il refusa de dire le nom, lui avait avait dit posséder la preuve du double jeu de Garraud. La réunion, considérant qu’il n’y avait pas de preuves concrètes, avait validé la nomination de Garraud. Toutefois ce dernier, après de nouvelles accusations, démissionnait le 7 août 1882.

Les 13-14 août 1882 il aurait participé à la réunion internationale organisée à Genève par la Fédération jurassienne et le 14 aurait présidé la réunion contradictoire Dieu et l’Etat tenue par Bordat et Dejoux à Lausanne.

Le 16 août 1882, lors du procès de Crestin gérant de L’Etendard révolutionnaire et de Bonthoux, un avocat, Minard, avait accusé G. Garraud Valadier d’être un agent de la police secrète, ayant reconnu son écriture sur des rapports de police. Dès le lendemain, 17 août, un jury d’honneur formé de Bonthoux, Bayet et Michel, avait interrogé Minard qui avait avoué ne pas connaître Valadier ni son écriture ; le jury avait alors conclu qu’il n’y avait pas de fondement à l’accusation.

Toujours est-il que Garraud eut un rôle plus que louche lors de l’affaire du restaurant L’Assommoir du théâtre Bellecour où dans la nuit du 22 au 23 octobre 1882 un attentat à la bombe causait des dégats considérables et tuait un employé. Le compagnon Antoine Cyvoct fut soupçonné sur la base d’un article paru dans Le Droit Social (12 mars 1882) intitulé "Un bouge » et dénonçant le théâtre Bellecour et dont la police prétendait qu’il était l’auteur. Sur l’accusation de « provocation à l’assassinat », Cyvoct fut condamné à mort en décembre 1883 puis la peine fut commuée l’année suivante en travaux forcés à perpétuité. Or le véritable auteur de l’article était Garraud, ce qui fut corroboré par Cyvoct dans les journaux L’Hydre Anarchiste et L’Alarme en 1884, puis par le compagnon Joseph Damians dans une lettre datée du 31 octobre 1902.

Lors du procès des 66 en janvier 1883, Toussaint Bordat avait de nouveau dénoncé Garraud comme agent provocateur et accusé la police d’avoir facilité sa fuite lors des arrestations d’anarchistes lyonnais. A l’issue du procès, Garraud avait été condamné par contumace à cinq ans de prison.

P.S. :

Sources : Arch. Dép. Rhône, 4 M 3. — J. Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France, op. cit. — M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon 1954. — Le procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883 = Notice de J. Maitron et M. Moissonier in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit. // R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. // AD Rhône 2U433, 4M307 //


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