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Dictionnaire international des militants anarchistes
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LEPASLIER (ou LESPALIER), Séverin
Employé de presse - Cherbourg (Manche)
Article mis en ligne le 4 janvier 2016
dernière modification le 22 mars 2017

par ps

Séverin Lepaslier, qui travaillait comme employé de presse au journal Le progrès, demeurait 35 rue de l’ancien Quai et était en relation avec le compagnon S. Mougin du journal L’Attaque à Paris, avait été le 11 septembre 1891 l’organisateur à Cherbourg d’une conférence de Sébastien Faure à la suite de laquelle avait été formé le groupe anarchiste local qui tint sa première réunion le 17 octobre suivant au café Pezet. Le groupe qui se réunissait hebdomadairement comprenait notamment Cléret, Léger, Présménil, Paignon, Prieur et Teyssien (ou Teyssieu).

Dans une lettre datée du 17 septembre et adressée à Mougin il avait écrit : "Avec le groupe que je vais fonder je ne pourrai pas agir d’une façon complète. Nous nous bornerons probablement à la propagande par la presse et la parole, et aussi à vous envoyer des ressources de temps en temps. Ce sera peu, mais, bah ! les petits ruisseaux font les grandes rivières et j’ai l’espoir de voir le groupe s’augmenter peu à peu d’individus résolus et énergiques qui pourront faire avec moi un peu de propagande par le fait..". Puis il fut l’éditeur du journal Le Falot Cherbourgeois (Cherbourg, au moins 8 numéros du 1er janvier au 15 avril 1892) dont le gérant était G. Havard. Dans d’autres lettres (mars et mai 1892) il fit l’apologie de Ravachol. "..faits que j’approuve en fait et qui vont amener les plus grands résultats pour notre cause" (lettre du 31 mars 1892). Son nom figurait sur un carnet d’adresses saisis en mars 1892 chez le compagnon Léon Lepiez du Havre qui avait été pressenti pour la gérance du Falot et sur un carnet d’adresses saisi en mai 1892 lors d’une perquisition chez Sébastien Faure à Marseille.

Arrêté en avril 1892 préventivement à la manifestation du 1er mai, puis de nouveau le 14 mai et inculpé pour « association de malfaiteurs », Lepaslier ne fut libéré qu’en juillet. Lorsque le juge d’instruction lui avait fait part de sa décision de le garder sous mandat de dépôt, Lepaslier lui avait alors dit : "Je suis bien aise d’aller rejoindre les prisonniers, je pourrai les catéchiser et les convertir à la doctrine anarchiste".

Le 23 mai 1892 il avait été condamné avec Louis Matha, alors gérant du journal où il avait sans doute remplacé Havard, à 8 amendes de 5 francs pour délits de presse. Selon la police, le journal était tiré à 1.000 ou 1200 exemplaires, dont 150 étaient servis aux abonnés, une soixantaine vendus sur la voie publique et une centaine distribués gratuitement aux ouvriers de l’arsenal. Les numéros restant étaient envoyés à Paris, Le Havre et Lille.

Lors de la perquisition effectuée à son domicile en avril 1892, avaient été saisis de très nombreux documents, placards et journaux anarchistes (dont des exemplaires de La Vérité, Le Rotschild (Londres), Le Libertaire (Alger), Le pot à colle, Le Père Peinard, L’En Dehors, La Révolte, L’Attaque et L’Agitateur (Marseille) ainsi que plusieurs lettres de Mongin, Sébastien Faure, Jean Grave, Elisée Reclus, et Pouget entre autres.

A l’automne 1892 il effectuait une période militaire de 28 jours à Caen(?) et avait demandé au Ministre de la justice que lui soient rendus les papiers saisis en mai et notamment le manuscrit du livre Les anarchies futures dont il était l’auteur. A sa sortie de prison il avait repris ses fonctions de reporter au journal Le Progrès, mais, tout en continuant de professer ses idées anarchistes, restait isolé et ne revoyait pas ses anciens camarades. L’année suivante, en juin ou juillet, il aurait quitté Cherbourg pour aller se fixer à Paris.


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